« Finies les importations de viandes issues d’animaux élevés à l’étranger aux antibiotiques de croissance », se félicite Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, dans un communiqué de presse publié ce mardi 22 février 2022.

 

Un arrêté ministériel publié la veille interdit l’importation et la mise sur le marché en France de « viandes et produits à base des viandes issues d’animaux ayant reçu des antibiotiques utilisés pour favoriser la croissance ou augmenter le rendement des animaux. »

 

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Deux mois de délai

Cette mesure sera effective à partir du 22 avril prochain. « Les importateurs ont un délai de deux mois pour se mettre en conformité, indique le cabinet de Julien Denormandie. Certaines viandes en provenance d’Asie ou d’Amérique du Sud ont été commandées avant la parution de l’arrêté, et sont en cours d’acheminement. »

 

Concrètement, ils devront ensuite « recueillir auprès de leurs fournisseurs des attestations de conformité pour les produits importés de pays tiers de l’Union européenne n’ayant pas interdit l’utilisation des antibiotiques utilisés en tant que facteurs de croissance. »

« Un premier pas »

Pour l’Interprofession du bétail et des viandes (Interbev), cet arrêté est « un premier pas d’intérêt majeur en faveur de la réciprocité des normes de production agricole dans les échanges commerciaux ». Elle estime que ce texte répond « en partie » à « une demande formulée par les professionnels de la filière élevage et viande bovine depuis de nombreux mois », mais que « cette mesure franco-française ne constitue pas la « mesure miroir » européenne » qu’elle appelle de ses vœux.

 

Les professionnels de la filière volaille de chair – viande de loin la plus concernée par cet arrêté — sont de leur côté plus dubitatifs. « À l’échelle française, on ne peut pas assurer la traçabilité des viandes en provenance de pays tiers puisque celle-ci s’effectue sur le lieu de dédouanement de ces marchandises, indique Paul Lopez, président de la Fédération française des industries avicoles (Fia). Or elles arrivent en Europe par trois ports principaux : Avers (Belgique), Amsterdam et Rotterdam (Pays-Bas) ».

 

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Anticipation d’une mesure européenne

Le ministère de l’Agriculture indique que cet arrêté est « une mesure nationale en anticipation d’une mesure européenne ». « En application de l’article 107 du règlement européen de décembre 2018 sur les médicaments vétérinaires, la Commission européenne devait prendre un acte délégué visant à interdire l’importation, au sein de l’Union européenne, de viandes et produits à base de viande, issue d’animaux « dopés » aux antibiotiques avant le 28 janvier 2022 », explique Interbev.

 

Mais « plusieurs actes juridiques doivent encore compléter l’article 118 du règlement relatif au médicament vétérinaire, pour que soient clairement établies les modalités du contrôle sanitaire à l’importation des produits d’origine animale aux frontières de l’Union européenne », précise la rue de Varenne. « Le calendrier a pris du retard, nous n’avons pas une vision claire des échéances », complète le cabinet de Julien Denormandie.

 

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