Après la Normandie, c’était au tour des départements rhônalpins de se mobiliser jeudi 3 février 2022 pour réclamer à Danone une meilleure prise en compte des coûts de production. À la demande de l’organisation de producteurs (OP) Danone Sud-Est, qui rassemble 270 producteurs d’Ardèche, Drôme, Isère et Loire, la FRSEA et JA appelait à manifester devant l’usine Danone de Saint-Just-en-Chaleyssin, en Isère.

 

« Danone est de mauvaise foi, martèle Stéphane Joandel, responsable de la section laitière de la FRSEA. On sera derrière toutes les OP qui nous le demandent pour mettre la pression sur les industriels. » [...] « On ne lâchera pas non plus la pression sur les GMS, ajoute Jean-Luc Perrin, livreur Sodiaal et responsable syndical dans la Loire. On ne relâchera pas la pression avant la fin des négociations. »

Ultime copie

Le 3 février 2022, une petite centaine de livreurs Danone — syndiqués ou non — avait répondu présent, soutenue par des responsables syndicaux des quatre départements. Alors que les négociations avec Danone patinent depuis octobre, l’OP réclamait un rendez-vous « de la dernière chance » pour présenter « une ultime copie ». Entrevue finalement accordée par l’industriel. Signe que la colère pacifique des éleveurs, sans slogan ni action choc, était prise au sérieux : le directeur des achats laitiers pour la France, M. Schatz, était venu de Paris.

Stabilité et visibilité

Après une entrevue d’une heure et demie, c’est « un message positif » que veut délivrer le président de l’OP, Jérémy Epalle, tout en admettant que la partie n’est pas encore gagnée. « Aujourd’hui, Danone prend en compte les coûts de production des premiers quartiles de l’échantillon CerFrance, qui sont les plus performants : cela ne colle pas à la réalité de nos fermes, explique-t-il. On se bat pour faire accepter le “coût de production à la moyenne”, c’est-à-dire basé sur la moyenne de l’échantillon. »

 

L’autre exigence de l’OP concerne l’évolution de l’indexation du prix sur le mix-produit et sur le coût des matières premières. « On veut une meilleure stabilité et de la visibilité, résume Jérémy Epalle. Le prix qui a été payé en janvier est un peu plus élevé que ce que l’on aurait eu avec notre formule de prix, mais on sait qu’il ne va pas durer. Or nous voulons un prix juste sur le long terme. »

Alimentation française

En contrepartie de ces exigences, l’OP ne ferme pas la porte à la stratégie « lait FR » de l’industriel, qui veut une alimentation des vaches 100 % française à l’horizon de 2024. Mais sous conditions. « La prime proposée par Danone n’est pas à la hauteur du surcoût que représente une alimentation 100 % France, dans une région où l’autonomie protéique est très faible, explique le président de l’OP. On ne signera un contrat que si l’on met en place un observatoire sur les disponibilités en protéines françaises et le surcoût que cela représente pour nos fermes. »

 

Une ultime réunion de négociation avec la laiterie a été fixée au 9 février 2022. « On ne reverra pas notre copie », prévient le président de l’OP.