« Le marché des produits laitiers industriels traverse actuellement une période exceptionnelle, marquée par une fermeté des cours qui affecte aussi bien le beurre que la poudre de lait écrémé », affirme Benoît Rouyer, économiste au sein de l’interprofession laitière (Cniel), dans sa vidéo de conjoncture mensuelle. Une évolution à mettre en relation avec le faible dynamisme de la production laitière dans les grands bassins exportateurs mondiaux.

 

En l’espace de quatre mois, les cotations françaises de la poudre maigre et du beurre ont respectivement gagné 800 € et 1 200 € la tonne. « Cela correspond à une augmentation relative d’environ 30 % » pour chacun de ces produits, précise le spécialiste.

Pas de quoi sauver les marges

La robustesse du marché des commodités soutient le prix du lait versé aux producteurs. En octobre 2021, le prix de base du lait de vache conventionnel s’élève à 357 €/1 000 litres, soit une hausse de 7 % sur un an.

 

Cependant, « le prix unitaire des charges dans les élevages laitiers augmente de nouveau », soulève Benoît Rouyer. L’indice Ipampa lait de vache (indice des prix d’achat des moyens de production agricole), édité par l’Institut de l’élevage, a progressé de plus de 11 % en un an. Cette inflation « expose actuellement les opérateurs de la filière laitière à un risque fort de compression des marges. »