Lors de son congrès tenu le 21 septembre 2022 à Paris, Culture Viande s'inquiétait de ruptures d'approvisionnement en viande bovine dans les mois à venir, faute d'offre suffisante. Pour sécuriser les volumes, le président du syndicat, Gilles Gauthier, avait plaidé pour la contractualisation, voire aller jusqu'au modèle d'intégration. 

Pour Stéphane Charbonneau, responsable de la section de la viande de la Coordination rurale, il en est « hors de question ». L'intégration pour les bovins serait « un véritable échec pour les producteurs », estime le syndicat, prenant le cas de la filière porcine comme exemple. 

« Remettre la main sur la négociation des prix » 

« Les éleveurs doivent rester seuls maîtres de leurs animaux, réagit Stéphane Charbonneau dans un communiqué paru le 27 septembre 2022. Le rapport de force est enfin inversé, les éleveurs sont en position de négociation et les abatteurs voudraient en faire des salariés, c’est non. »

Pour l'animateur de la section de la viande, la progression des cours des bovins va être durable. En basculant vers un modèle d'intégration, « les abatteurs souhaitent avoir la mainmise sur les prix. Dans un contexte de conjoncture positive, les éleveurs seraient alors privés des hausses de prix qui leur seraient profitables », estime-t-il.

Pour endiguer « l'hémorragie » de la décapitalisation bovine, la Coordination rurale prône avant tout l'instauration d'un seuil plancher, en adéquation avec les coûts de production, pour sécuriser les revenus des producteurs.