« La France veut-elle d’un Massif central sans éleveurs, sans vaches, sans prairies ? » C'est ainsi que les éleveurs de races à viande du grand Massif central interpellent les pouvoirs publics dans son communiqué de presse diffusé ce 26 septembre 2022.

Sanctionner les mauvaises pratiques

Pour l'organisation, l'attitude « passive du gouvernement  face aux crises que traversent les éleveurs de bovins de race à viande » laisse entendre qu'il est prêt à laisser ces élevages disparaître.

« Les éleveurs subissent une explosion de leurs charges, aggravée par la sécheresse historique de cet été… mais ni le prix de leurs animaux censés être construits sur leur “coût de production”, ni la réponse publique face à ce nouvel aléa climatique sans précédent ne sont au rendez-vous », insiste le Berceau des races à viande du Massif central.

Ce dernier regrette notamment que l'État ne contrôle  et ne sanctionne pas les mauvaises pratiques commerciales, notamment concernant l'indexation des prix  sur l’évolution des charges des éleveurs dans le cadre d’un contrat écrit.

Reconnaître les pertes des éleveurs

Les éleveurs de races races à viande du grand Massif central souhaitent aussi que leurs pertes faisant suite à la décapitalisation accélérée par la sécheresse soient reconnues et « identifiées dans le cadre d’expertises de terrain ».

« Tout comme il est indispensable de ne surtout pas reconnaître les méthodes indicielles qui ont très largement démontré leur incohérence avec la réalité des situations dramatiques vécues par les éleveurs », poursuit l’organisation. Et de préciser que dans certaines zones ces pertes atteignent 75%. En 4 ans , le territoire a ainsi perdu 730 000 vaches.

« Réveillez-vous »

Là encore, l'organisation regrette le « manque de réactivité de l’État », alors que la baisse de la production couplée à l’achat de fourrages et d’alimentation pour les animaux se traduit déjà par une accélération brutale de la décapitalisation.

À l’approche du Sommet de l’élevage, les éleveurs de races à viande du grand Massif appellent donc le gouvernement et  l’ensemble des représentants des pouvoirs publics à se « réveiller. Demain, il sera sans doute trop tard. Et bien au-delà du seul secteur de l’élevage bovin, ce sont des territoires ruraux entiers qui subiront les effets de ce réveil trop tardif, donc douloureux ».