«L’inconfort thermique d’un bovin commence dès 25 °C, prévient Jean-Luc De Clercq, vétérinaire à Arnay-le-Duc (Côte-d’Or). Contrairement à l’homme, il ne peut pas transpirer. Une vache, c’est un méthaniseur sur pattes. Son seul moyen éliminer la chaleur, c’est de respirer vite. » La vache en appelle donc à la vigilance accrue de son éleveur pour l’aider à surmonter les difficultés estivales. Elle a besoin d’eau, évidemment : une laitière en consomme près de 120 litres par jour, une allaitante moitié moins. Mais l’hydratation n’est pas ce qui la perturbe le plus. Elle souffre davantage de sa perte d’appétit et de l’inconfort que lui procure la position allongée. Or, pour produire, il faut manger.

Ruminer tranquille

« Un bovin reste couché de neuf à douze heures par jour, pour ruminer, rappelle le vétérinaire. Ainsi, il salive et produit plus de 1 kg de bicarbonate, pour réguler le PH de sa panse autour de 7. » Mais l’été, cette action se complique, car sous l’effet de la chaleur, la vache n’a pas envie de rester couchée. En conséquence, elle produit moins de bicarbonate, le PH de la panse baisse, et le risque, c’est l’acidose métabolique. Sans compter que debout, à piétiner, elle fatigue. Pour préserver le bien-être du troupeau, Jean-Luc De Clercq propose de concentrer la ration, et de l’ajuster avec de simples astuces.

Distribuer 250 g de bicarbonate par vache et par jour. « C’est un moyen de pallier le manque de bicarbonate et d’éviter l’acidose », martèle-t-il.

Ajouter 1 à 1,5 litre d’eau par vache et par jour. « Attention toutefois à la fermentation des ensilages, qui sous de fortes chaleurs sera plus rapide ! »

Distribuer la ration en début ou en fin de journée. Les animaux auront davantage d’appétit, et le risque d’échauffement des aliments diminuera.