«Mon père avait déjà quelques vaches allaitantes, raconte Cédric Leclere, éleveur à Soumaintrain, dans l’Yonne, en Gaec avec sa compagne, Anne Boucheron. À mon installation, il y a une dizaine d’années, j’ai souhaité les garder, et même développer le cheptel. Mais nous avons aussi un troupeau laitier, avec un atelier de transformation fromagère à la ferme. Les réglementations sanitaires sont telles qu’il serait trop risqué d’acheter des animaux à l’extérieur. »

Composé à présent de 49 vaches et 15 génisses, le cheptel allaitant s’est étoffé au fil des années grâce à l’accroissement interne. Comment ? « Nous avons travaillé sur les dix charolaises de mon père et les cinq blondes d’Aquitaine que j’ai achetées à mon installation, reprend Cédric. Toutes les génisses ont été élevées. Nous avons également croisé quelques montbéliardes. Tout le travail, d’hier à aujourd’hui, est raisonné par l’insémination artificielle. »

Le Gaec Leclere aurait pu augmenter davantage l’effectif de femelles en utilisant de la semence sexée. Mais après quelques essais, les associés n’ont pas été convaincus. « Le taux de réussite en première IA a chuté, se souvient Cédric. Or, nous mettons un point d’honneur à maîtriser nos périodes de vêlages. Les inséminations débutent en novembre et, à partir du 15 janvier, c’est terminé. » Très appliqué dans cette stratégie de vêlages groupés, l’éleveur n’a pas hésité à garder des femelles vides pendant un an. « Je ne peux pas les réformer, j’ai encore besoin d’elles pour bâtir le troupeau, justifie-t-il. Mais je préfère nourrir des vaches vides que de gérer des vêlages quand il ne devrait plus y en avoir. »

Aujourd’hui, le troupeau allaitant est composé pour moitié de blondes d’Aquitaine. « Le lot de génisses est même pur à 90 %, se félicite Cédric. Il compte 15 animaux. » Le travail devrait donc s’accélérer. De 64 vaches et génisses, Cédric souhaite monter à 64 mères, plus leur suite. Cinq années sont encore nécessaires pour y arriver.

Repenser le logement

Afin de loger ses animaux dans les meilleures conditions, Cédric a investi, il y a trois ans, dans un bâtiment métallique. « C’était le seul moyen de conserver le cheptel allaitant, explique-t-il. La stabulation des laitières est pleine, d’autant plus que nous y avons lancé un atelier de veaux croisés blanc-bleu, élevés sous la mère. » Cédric admet que s’il s’est lancé dans ce projet à quelque 300 000 €, c’est aussi parce qu’il disposait de primes à la vache allaitante. « Mais nous en avons perdu avec la nouvelle Pac, regrette-t-il. Si je devais bâtir cette stabulation aujourd’hui, j’y réfléchirais probablement à deux fois. »