Entrer dans l’un des bâtiments de Christophe Cosme, aviculteur à Dangeul (Sarthe), c’est – presque – entrer dans une basse-cour au sec. Les poulets y agitent leurs ailes, miment des combats, montent sur les bottes de paille ou sur le plateau du peson, piquent dans les pierres minérales au son de la radio. « Ils expriment leur comportement naturel, explique l’éleveur. Aujourd’hui, j’ai des poulets de 38 jours, mais c’est la même chose pour les dindes ou les pintades. Le bâtiment est mixte, pour être réactif vis-à-vis du planning de l’abattoir. »

En guise de démonstration, Christophe occulte les fenêtres : les animaux se posent et le calme s’établit immédiatement. « Il leur faut au minimum six heures de nuit, mais je monte à huit heures pour améliorer leur confort », précise-t-il. Les surfaces en fenêtres, situées sur les longs pans, représentent plus de 3 % de la surface totale du bâtiment. « Dès mon installation en 2013, j’ai opté pour la lumière naturelle, d’abord pour mon confort de travail, poursuit l’éleveur. Ce choix contribue aussi à ma rentabilité : les démarrages de lots, qui sont des phases délicates, sont bien réussis et mon indice de consommation, de 1,55 pour des poulets qui sortent à 2 kg, est très bon. » Les animaux sont plus calmes, les blessures réduites, et les lots, plus homogènes, appréciés par l’abattoir.

Milieu enrichi

Le bien-être des animaux est également assuré par l’enrichissement du milieu : les bottes de paille (25 à 30 pour le bâtiment), les pierres à piquer (une pour 100 m2), et même le peson automatique, sur le plateau duquel les animaux montent. La radio, qui mêle musique et paroles, habitue les animaux à la présence de l’homme, ce qui facilite le travail et l’enlèvement.

Autre point clé : la litière, renouvellée chaque semaine en deux heures de travail. « Je teste actuellement le miscanthus, ajoute Christophe. Il est rigide et nettoie bien les coussinets. Je récupère l’investissement, car je n’ai ni pododermatite ni boiterie. » L’éleveur, qui a démarré avec de la paille broyée (650 €/lot de poulets), travaille surtout avec des copeaux de bois blanc non traité et dépoussiéré (1 250 €/lot, contre 1 000 €/lot pour le miscanthus).

Le premier bâtiment de 1 341 m2 a été construit il y a quatre ans. Le second a été mis en service en 2017. Christophe a bénéficié d’une aide de la part de son groupement de producteurs Richard, affilié à LDC, qui couvre la majeure partie du surcoût engendré par les fenêtres.