Trois cas de diarrhée épidémique porcine (DEP), début 2017, ont mis la filière en alerte. Ils ont été identifiés dans trois élevages différents : le premier en février, dans le Finistère, les deux autres en mars, dans l’Yonne et les Landes. Le précédent cas remontait à fin 2014. Aucun n’a diffusé dans d’autres élevages. « Ces cas sont aujourd’hui assainis, après la mise en place de mesures de décontamination drastiques et un suivi de l’excrétion virale dans le temps », précise Nicolas Rose, vétérinaire à l’Anses (1).

Pour trois d’entre eux (naisseurs-engraisseurs ou engraisseurs), la contamination a eu lieu à la suite de l’importation d’animaux depuis des pays où le virus circule – Allemagne et Pays-Bas – ou via un véhicule venant de ces pays. L’origine du cas des Landes, en postsevrage-engraissement, n’a, en revanche, pas été clairement établie, l’élevage n’ayant pas importé d’animaux.

« La maladie est réglementée, en catégorie 2 pour les souches moyennement virulentes circulant en Europe, explique Nicolas Rose. Elle est donc gérée conjointement par l’État et les professionnels. La filière a pris des mesures, en bloquant les mouvements d’animaux sur les élevages touchés. Pour un cas, il a été procédé à l’abattage total du cheptel, l’exploitation étant située dans une zone de forte densité d’élevages porcins. »

Risque à l’importation

Le risque vient essentiellement de pays voisins, en l’occurrence l’Allemagne et les Pays-Bas. « Le virus circule a priori beaucoup plus dans ces pays, avec plus de 100 foyers. Or, ils n’ont pas réglementé la maladie. Ils n’ont donc pas pris de mesures précises à son encontre. » Pour se prémunir d’un risque lié à l’importation d’animaux vivants en provenance de ces zones, la filière met en place un certificat par le vétérinaire de l’élevage d’origine des porcs en croissance, déclarant qu’il n’existe pas de signe clinique de DEP (comme c’est déjà le cas pour les reproducteurs). Les professionnels veulent également imposer des contrôles à l’arrivée.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation.