L’index d’aptitude à l’allaitement, ALait, est déterminant dans le choix des taureaux utilisés sur les 115 vaches de Benoît, Nicolas et Sébastien Héry, les trois associés du Gaec du Bois Joli, à Corcoué-sur-Logne, en Loire-Atlantique. « Il ne faut pas négliger la production laitière des vaches allaitantes, estime Benoît. Le lait est un aliment gratuit. Plus la vache en produit, plus le veau en profite. » Lors de la sélection des taureaux de monte naturelle ou d’IA destinés aux vaches, le premier objectif des éleveurs est d’augmenter le potentiel laitier des futures reproductrices. Pour les taureaux destinés aux génisses, le critère facilité de naissance arrive en tête, suivi, ex-aequo, des critères développement musculaire ou squelettique (selon l’animal) et production laitière.

Les trois frères se donnent les moyens d’améliorer rapidement la génétique de leur troupeau en ayant recours autant que possible à l’insémination artificielle (45 % en 2017) et en achetant des taureaux génotypés. « Nous sommes attentifs à l’index ALait depuis dix ans, explique Benoît. Le résultat de cette sélection est difficilement quantifiable mais nous observons que les mamelles des vaches sont plus développées et que les performances des veaux mâles sont restées stables (0-210 j = 1136 g/j), alors qu’ils ne sont plus complémentés à volonté depuis 2016, en prévision du passage en bio. »

Fourrages de qualité

Pour permettre l’expression du potentiel laitier de leurs vaches, les associés sont attentifs à la qualité des aliments distribués. « Leurs fourrages sont plus riches que la moyenne, constate Kévin Gérard Dubord, conseiller à Élevage conseil Loire-Anjou. Les ensilages d’herbe et de méteil sont bien préfanés, ils sortent aux alentours de 40-45 % de matière sèche (MS), 0,85 UFV et 80 à 85 g de PDI/kg de MS. » Durant l’hivernage en bâtiment (entre décembre et mars), les vaches suitées reçoivent à volonté une ration constituée à parts égales d’ensilage d’herbe et d’ensilage de méteil.

Au printemps, les animaux sont répartis en une dizaine de lots qui tournent toutes les deux à trois semaines sur des prairies temporaires de ray-grass anglais, fétuques et trèfles. Les vaches suitées ayant vêlé au printemps tournent plus rapidement, tous les 8-10 jours. Durant la période sèche, en juillet et août, les animaux restent sur les mêmes parcelles et ont à disposition de l’ensilage d’herbe quasiment à volonté. Les veaux sont complémentés l’hiver et lors de la saison sèche, à raison de 2 à 2,5 kg de méteil grain par jour, et d’ensilage d’herbe ad libitum.