Les vêlages ont commencé depuis mi-septembre au Gaec le Charolais, à Thevet-Saint-Julien, dans le sud de l’Indre. Adrien Gaultier et son père se relaient auprès des 180 charolaises qui doivent mettre bas jusqu’à fin novembre. Avec un taux de prolificité de 105,4 %, Adrien attend environ 180 veaux. Le Gaec affiche de très bons résultats en reproduction. L’intervalle entre deux vêlages (IVV) est de 371 jours en moyenne, vaches et génisses confondues, soit quinze jours de moins que la moyenne de l’Indre.

Constituer des stocks

Pour atteindre ces résultats, Adrien et son père appliquent une gestion stricte du troupeau. Les accouplements s’effectuent du 10 décembre au 15 février, et les mères non gestantes sont réformées. Les éleveurs ont également un autre cheval de bataille : l’alimentation du troupeau.

Adrien distribue du méteil, un mélange de céréales et protéagineux, pendant la période de reproduction. « Les vaches reviennent plus tôt en chaleur », note l’éleveur. En 2017, Adrien a récolté 6 t/ha de matière sèche à 16 % de protéines. La ration hivernale était alors de 4 kg de méteil, 4 kg d’ensilage d’herbe, 3 kg d’ensilage de maïs, et 2,5 kg de paille. « Nous n’achetons plus de tourteaux de soja ou de colza. On est plus autonomes, et on ne subit pas les fluctuations des cours mondiaux. » Pour un prix de 330 €/t de tourteau, Adrien réalise une économie de 1 500 € par an.

Adrien intercale la culture du méteil immature entre une céréale et un maïs. Cette année, 7 ha de méteil étaient implantés. Le mélange, composé de 30 kg de triticale, 15 kg d’avoine, 50 kg de féverole, 50 kg de pois fourrager et 20 kg de vesce, est semé en octobre. Du fumier, plus 50 unités d’azote sont apportés, ainsi l’éleveur ne fait aucun traitement. Avec le matériel pour le travail du sol et les intrants, le coût d’implantation revient à environ 480 €/ha.

Le méteil est récolté à la fin du mois d’avril en enrubannage. « On constitue des stocks importants, ce qui est très utile en cas de sécheresse comme cette année », souligne l’éleveur, qui envisage de doubler les surfaces en 2019, en semant des prairies sous couvert de méteil.