Si tous les signaux étaient au vert en début d’année, la crise sanitaire a rebattu les cartes. Le premier confinement a donné un nouveau souffle à la consommation de lait liquide et d’ultra-frais, en perte de vitesse jusqu’alors, mais a fortement pénalisé les fromages à la coupe.

 

En parallèle, la fermeture partielle de la restauration et les craintes à l’export ont conduit certains opérateurs à contenir le prix du lait de printemps.

Le prix en recul

Le prix réel conventionnel est passé sous son niveau de 2019 en avril, et l’est encore en automne. La saisonnalité étant peu marquée l’an passé, les écarts entre les cours 2019 et 2020 sont d’autant plus importants : de 9 à 13 euros les 1 000 litres entre mai et septembre. En cumul sur les neuf premiers mois de l’année, le prix s’élève à 351 €/1 000 l en moyenne (voir graphique).

 

 

 

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Cette tendance à la baisse s’observe dans la plupart des bassins de production européens, car à l’échelle du continent, la collecte reste dynamique. Pour neuf mois, elle grimpe de 1,1 % par rapport à 2019, tirée par des pays comme l’Irlande, les Pays-Bas et la Pologne.

Les livraisons françaises devraient rester stables sur un an, malgré un repli marqué du cheptel. Le nombre de femelles de plus de 36 mois recule de 3,2 % au 1er novembre par rapport à 2019. Les sécheresses à répétition expliquent en partie cette tendance.

Sur les marchés mondiaux, les échanges se sont maintenus. À l’échelle française, le solde commercial a progressé de 8 % en valeur sur neuf mois, grâce au repli des importations.

Les cotations beurre poudre françaises et européennes se sont donc redressées à l’approche de l’été, sans atteindre le seuil d’intervention, et restent stables depuis. Néanmoins, les incertitudes sont nombreuses à l’approche de la nouvelle année (Brexit, crises économique et sanitaire) et les opérateurs peinent à se projeter.