Àla tête d’un troupeau de 95 charolaises, à Toulon-sur-Arroux, en Saône-et-Loire, Jean-François Dufour a fait face à une campagne 2015-2016 particulièrement difficile. Sur cent deux veaux nés, douze sont morts à la suite des problèmes respiratoires et de cryptosporidiose, et la croissance des jeunes restants a été fortement perturbée. « Ce genre de résultat est révélateur d’un défaut d’immunité, commente Pierre-Antoine Comte, technicien de Charolais horizon. En collaboration avec un vétérinaire, nous avons donc travaillé à améliorer la qualité colostrale des vaches, afin de renforcer la résistance des veaux. » L’analyse d’un échantillon de colostrum révèle effectivement que celui-ci est peu concentré en anticorps. Un an après, la moyenne des colostrum prélevés atteint 30,6 % Brix (1), un très bon niveau. Parallèlement, le taux de mortalité des veaux baisse de 7,7 points, à 4 %, et les GMQ (2) augmentent de 100 à 150 g.

« Je vaccine contre la BVD (3) depuis des années, précise Jean-François. Dorénavant, je systématise également la vaccination contre les diarrhées néonatales, lors des vêlages d’hiver. À cette période, la pression sanitaire augmente, il faut donc prendre des mesures préventives supplémentaires. »

Déparasitage

Point important : toutes les vaches sont déparasitées. « Je traite par lots, environ trois semaines avant le vêlage, poursuit l’éleveur. L’opération se déroule sur la bascule, ce qui me permet de doser avec précision le produit. » Et Pierre-Antoine Comte de souligner : « La vaccination d’un animal faible est peu efficace. Le déparasitage et une attention particulière à l’alimentation des futures mères améliorent nettement leur réaction immunitaire. »

Afin de garantir un bon état de santé des vaches, Jean-François n’hésite pas à les complémenter dès que la qualité des fourrages baisse. Il couple également la rentrée à l’étable avec une cure de minéralisation d’une semaine, entretenue par un apport hebdomadaire durant toute la période hivernale. Enfin, la distribution quotidienne d’un produit de phytothérapie, trente jours avant et dix jours après les vêlages d’hiver, semble faire ses preuves. « Toutes ces pratiques sont assez gourmandes en temps, mais au vu des résultats, je suis décidé à les perpétuer », conclut l’éleveur.

(1) Mesure de la densité du colostrum pour évaluer la concentration en anticorps.

(2) Gain moyen quotidien.

(3) Diarrhée virale bovine.