«L’herbe est la base de l’alimentation des élevages irlandais, rappelle Louis Pentony, qui élève 140 vaches allaitantes et une centaine de brebis à cinquante kilomètres de Dublin, en Irlande. Il y en a toute l’année, mais il est impératif de la gérer avec précision pour obtenir les meilleurs résultats sur les animaux. »

Son troupeau allaitant se compose en majorité de femelles angus et de quelques herefords, sur une SAU comptant 106 ha de prairies, à 90 % naturelles. Les mâles sont engraissés jusqu’à 20 à 22 mois, et les génisses partent entre 16 et 19 mois. Tous pâturent un maximum, et rentrent en stabulation de novembre à la mi-mars. En hiver, les animaux à l’engrais consomment de l’ensilage d’herbe complété par 1 kg de concentré (surtout de l’orge). Un mois avant de partir à l’abattoir, cette quantité de complémentaire monte à 3 kg. Le gain moyen quotidien de la naissance à l’abattage affiche de 900 à 1 000 g/jour.

« Les sujets engraissés doivent prendre un maximum de poids pour rester le moins longtemps possible dans l’élevage », explique Louis. Car l’éleveur cherche à limiter son impact sur l’environnement. Il fait partie du programme de développement durable Origin Green (lire l’encadré) orchestré par l’office de promotion des produits agroalimentaires Bord Bia, et son exploitation répond à une charte « assurance qualité » ? Dans ce cadre, elle est régulièrement auditée sur six facteurs ayant pour but d’abaisser l’impact environnemental, tels que le temps de pâturage, l’âge au premier vêlage, l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) ou l’utilisation d’azote. « Le développement durable, ce n’est pas compter les arbres et laisser faire la nature, dit Louis. Nous essayons, par exemple, de réduire les intrants. Il y a de plus en plus de trèfles dans l’herbage pour limiter la quantité d’azote à acheter. Du côté des animaux, les génisses vêlent à 24 mois, et l’IVV est de 365 jours. Au dernier audit, notre empreinte carbone était de 12 kg/kg de viande produite. La moyenne des systèmes similaires est de 13 kg. »

Engagements payants

Pour la commercialisation, Louis est engagé auprès d’un groupement de producteurs. S’il respecte le nombre d’animaux promis, il touche un bonus. « Rien qu’avec ce groupement, j’ai 15 cts€/kg de carcasse de plus que le cours moyen, explique-t-il. Si je respecte mes engagements, s’y ajoutent 10 cts€/kg de carcasse. Et le respect de la charte “assurance qualité” m’assure encore 12 cts€/kg de carcasse de plus. »