«Depuis que nous nous sommes formées à la méthode Obsalim (1), nous avons retrouvé de l’autonomie pour piloter l’alimentation de nos laitières », apprécient Marie Favier et Patricia Bonnal, éleveuses de brunes en Lozère, l’une au sein du Gaec Les falaises de Barjac et l’autre au Gaec de Chanac.

Cette méthode repose sur l’observation d’une palette de symptômes au niveau des yeux, du poil, des pieds, des bouses ou du comportement, afin d’établir un diagnostic de l’état nutritionnel des vaches. « Ces symptômes doivent être visibles sur au moins un tiers du troupeau, pour en déduire que l’origine du problème est alimentaire. En les recoupant, on obtient des indications sur l’excès ou le déficit d’énergie, d’azote ou de fibres », explique Florian Moulin, contrôleur laitier à la chambre d’agriculture de Lozère, lui aussi formé à cette approche.

Cette méthode ne dispense pas d’analyser les fourrages et de calculer la ration. Mais elle permet ensuite d’ajuster la formule en fonction de la façon dont les vaches la digèrent. Ainsi, fin novembre, la présence de croûtes noires aux yeux, couplée à un poil plus épais, ébouriffé, a révélé un excès d’énergie fermentescible dans la ration des laitières du Gaec Les falaises. « Nous avons réduit l’apport quotidien de céréales de 300 g/vache. Les symptômes ont disparu, le poil est redevenu brillant. Et la production de lait n’a pas baissé, car en rééquilibrant la ration, nos fourrages ont été mieux digérés », relève Marie.

Le fait d’utiliser un concentré fermier avec des céréales et un correcteur azoté facilite ces ajustements. « On peut ainsi agir sur l’un ou sur l’autre des ingrédients selon la correction à faire, alors qu’avec un aliment complet, il n’est pas possible de dissocier énergie et azote », note Florian.

Énergie en excès

Au Gaec de Chanac aussi, l’énergie est parfois en excès. « Nous avions observé des écoulements aux yeux de nos vaches. Florian, lui, a noté qu’elles étaient agitées », raconte Patricia. Ces symptômes indiquaient un excès d’énergie fermentescible. En réduisant l’apport quotidien de céréales de 1,5 kg/vache, l’équilibre a été rétabli sans perte de lait. « Nous avons économisé du concentré. Et le taux de cellules est redescendu à 180 000 après avoir grimpé à 360 000, ce qui s’est traduit par un meilleur prix du lait », note Patricia.

(1) Mise au point par le Dr Bruno Giboudeau, utilisable également pour les brebis et les chèvres.