«Nous avons découvert le Round­house sur Internet, indiquent Emmanuelle et Stéphane Poirier, à la tête de 100 vaches limousines à Saint-Priest-la-Feuille, dans la Creuse. La conception de ce bâtiment nous a tout de suite séduits. Elle paraissait améliorer le confort de travail. Après trois mois de fonctionnement dans ce premier modèle construit en France, l’impression s’est confirmée. » Grâce à la forme circulaire, les cases des vaches sont accessibles facilement depuis le centre du bâtiment. Les cases se répartissent comme les parts d’un camembert, dont l’une d’entre elles est spécifiquement dédiée à la contention.

« La conduite de nos veaux sous la mère est simple, souligne Emmanuelle. Je m’occupe de les lâcher tous les jours. Nous n’avons pas besoin de salle de tétée. J’aide les veaux quand ils sont petits, mais rapidement ils se débrouillent seuls pour téter leurs mères, puis les “tantes” qui sont à “leur disposition” dans le parc. »

Au bout de trois quarts d’heure maximum, Emmanuelle ramène les veaux dans leur case. Prochainement, les vaches sortiront au pâturage, et comme le bâtiment est implanté au milieu des pâtures du Gaec, cela facilitera les allers-retours. « Nous avons choisi cette parcelle car elle nous appartient, précise Stéphane. Elle est située à 2 km de l’autre bâtiment que nous louons, mais cet écart n’est pas un problème. Nous utiliserons le bâtiment neuf pour les veaux sous la mère et l’ancien, moins fonctionnel, pour la conduite des broutards. »

La structure métallique s’appuie sur une colonne centrale de huit traverses. Elle soutient la toile synthétique et les seize colonnes extérieures. Toute l’eau de pluie est collectée via les poteaux et stockée dans une cuve. La charpente mesure 30,25 m de diamètre et loge 48 vaches dans 718 m2. Le constructeur propose un diamètre plus petit (22 m de diamètre pour 411 m2) et un plus grand (45 m de diamètre pour 1 590 m2). Pour les veaux sous la mère conduits en bio, une aire d’exercice est prévue en plus de l’aire de couchage paillée. « La faîtière ouverte au sommet, couplée à l’absence de mur sur le périmètre, assure la ventilation », souligne Romain Le Mouel, responsable commercial ID Agro.

Le montage de la structure a été réalisé par le constructeur. « Nous nous sommes chargés de l’aménagement intérieur, précise Stéphane. Il nous reste à terminer l’empierrement des abords, et l’installation d’une petite centrale électrique photovoltaïque. »

Une ambiance lumineuse

Les exploitants apprécient l’ambiance qui règne dans le bâtiment. « La luminosité est agréable, les animaux sont beaucoup plus calmes », remarque Stéphane. La distribution du foin s’effectue avec la dérouleuse devant les cornadis. Le fourrage, abrité sous l’auvent, est rarement mouillé par la pluie. Les vaches qui allaitent disposent d’une auge pour ne pas gaspiller les concentrés.

Le paillage, qui n’a pas lieu tous les jours, s’effectue aussi depuis l’allée d’alimentation. « La consommation en litière est modeste (5 à 8 kg/vache/jour en fonction de la météo) car l’aire paillée sèche vite », ajoute-t-il. Depuis trois mois et demi, le curage n’a pas été nécessaire. Il sera réalisé prochainement en ouvrant les portails. Les aires paillées sont de plain-pied. « Traverser l’auge n’a jamais posé de problème sanitaire sur les modèles en fonctionnement en Angleterre, précise Romain Le Mouel. Certains passent le jet à haute pression une fois le travail terminé. » Englobant un espace de contention et d’embarquement, le prix est d’environ 4 000 € par vache logée pour les 718 m2.

N.B. Une porte ouverte du bâtiment aura lieu le 12 avril de 10 h à 17 h.