«les éleveurs de broutardes ou de babynettes ont intérêt à envisager la production de génisses lourdes de 30 à 36 mois, dans la mesure où leur système fourrager, leurs bâtiments et l’organisation du travail les y autorisent », constate Emmanuel Bechet, conseiller bovins viande à la chambre d’agriculture Pays de la Loire. Une progression d’environ 1 €/kg de carcasse (kgc) des prix des babynettes (340 kgc) serait nécessaire pour que le résultat économique de cette production soit identique à celui de l’élevage de génisses lourdes de 400 kgc, selon des simulations s’appuyant sur une exploitation témoin (1). En effet, « une génisse de 18 mois est davantage poussée qu’une génisse de 36 mois, dont l’alimentation repose en partie sur deux saisons de pâture. Son indice de consommation est largement supérieur à celui d’un taurillon (8,8 contre 6,4). Ce coût de production élevé, associé à une moindre valorisation au kilo des animaux plus légers, explique le peu de rentabilité actuel des jeunes génisses. »

Concernant les broutardes (270 kg vif), les résultats économiques sont assez similaires à ceux obtenus avec des babynettes. En revanche, pour obtenir le même résultat qu’avec des génisses lourdes de 400 kgc, une revalorisation de 350 € de leur prix serait nécessaire. « Il est bien sûr indispensable de considérer le prix de vente des animaux et des céréales à l’instant “t”, nuance Emmanuel Bechet. Une valorisation à hauteur de 500 € des broutardes, comme fixée dans la simulation, semble ainsi un peu faible. »

Taux de renouvellement

Par ailleurs, la baisse du taux de renouvellement dégrade le résultat économique, du fait d’une augmentation des ventes de génisses et d’une diminution de celle des réformes. Dans le système babynettes tel que modélisé dans l’étude, un passage de 30 à 20  % de renouvellement se traduit par la perte de 2 000 € d’EBE. « Les réformes sont vendues plus âgées d’un an et demi en moyenne, ce qui signifie qu’une partie d’entre elles perdent en capacité de finition (-10 kgc), mais aussi en valorisation au kilo, souligne Emmanuel Bechet, en rappelant que l’âge d’abattage optimum d’une vache est de 6-7 ans. À cette dégradation du résultat s’ajoute celle des performances techniques, difficilement chiffrable. En bovins allaitants, je conseille un taux de renouvellement minimum de 25 %. »

(1) Étude « Viande bovine dans l’ouest de la France : renouvellement élevé et génisses lourdes améliorent le revenu », menée par la chambre d’agriculture Pays de la Loire et l’Institut de l’élevage.