«Depuis cinq ans, nous fabriquons nous-mêmes un aliment enrichi en protéines pour nos génisses laitières. Leur croissance est meilleure. Nous avons ainsi avancé de deux mois l’âge moyen au premier vêlage, aujourd’hui de 24 mois. Avant, nous utilisions un aliment du commerce, plus riche en énergie, et les génisses avaient tendance à faire du gras plutôt qu’à se développer », expliquent Vincent et Karine Julhan. En Gaec avec Christian et Christine Solignac, ils élèvent 55 brunes et 80 aubracs sur 240 ha à Saint-Germain-du-Teil, en Lozère. « Nous produisons des méteils et nous achetons de la pulpe de betterave, des tourteaux de colza et de soja, et des minéraux pour fabriquer 60 tonnes d’aliment fermier par an. »

Avec l’expérience, les éleveurs ont ajusté leurs formules. Pour les génisses, ils en ont désormais deux. La première contient 22 % de méteil, 33 % de pulpe et 45 % de tourteaux. « Sa teneur en MAT est de 28 %. Nous la distribuons aux génisses laitières de 2 à 13 mois. » Les deux mois avant l’insémination, à 15 mois en moyenne, ils reviennent à une formule à seulement 20 % de protéines, pour éviter l’excès d’urée, qui perturberait l’accrochage de l’embryon. « Nous investissons dans la génétique en utilisant la transplantation embryonnaire et les doses sexées, et nous voulons mettre toutes les chances de notre côté », soulignent-ils.

Meilleure croissance

Les génisses allaitantes, qui vêlent en moyenne à 36 mois, consomment l’aliment enrichi en protéines de 7 à 15 mois. Elles poursuivent leur croissance à l’herbe. « Avec un meilleur développement, elles donnent des carcasses un peu plus lourdes, en moyenne de 425 kg, contre 390 kg avant », précise Vincent.

Pour le démarrage des veaux allaitants, le Gaec prépare une troisième formule, avec 55 % de méteil, 20 % de pulpe et 25 % de tourteaux. « Ils en consomment jusqu’à la montée en estive. Nous avons ainsi gagné 200 g de GMQ par jour entre la naissance et le sevrage, souligne l’éleveur. Mais pour qu’ils digèrent bien cet aliment, il nous a fallu ajouter des hépatoprotecteurs. »

Pour fabriquer ces formules, le Gaec réserve une fois par mois le broyeur de la Cuma La Joyeuse, à Marvejols. Son coût d’utilisation est de 10 €/t, auquel il faut ajouter le carburant pour le tracteur qui fait tourner le broyeur. « En une demi-journée, j’élabore les trois aliments différents, ajoute Vincent. Ils reviennent moins cher que dans le commerce, et ils sont mieux adaptés à nos besoins, car nous pouvons faire plusieurs formules sans que cela soit plus coûteux qu’un aliment du commerce. »