En affinant la connaissance du potentiel d’une génisse, la génomique permet de trier plus sûrement les futures reproductrices. Le programme Eco génomique (2015-2017) a mesuré les impacts techniques et économiques des tests génomiques sur la voie femelle.

Une première expérimentation porte sur le classement de 157 génisses issues de 8 exploitations en 5 classes, de la moins bonne à la meilleure pour le renouvellement. Par rapport au tri réalisé à l’œil par un technicien, l’indexation Iboval modifie le classement de la moitié des génisses environ. Parmi les génisses reclassées, la prise en compte des index génomiques aboutit de nouveau au reclassement d’une bête sur deux. « Le classement des animaux jugés dès le départ « très bons » ou « très mauvais » ne varie pas avec la prise en compte des index, constate Vincent Poupin, responsable technique de Bovins croissance Sèvres Vendée Conseils. En revanche, la génomique a un impact sur la répartition du milieu de gamme, et donc sur le choix des femelles à garder. »

Pression de sélection

Ce programme s’est également intéressé à la rentabilité d’une sélection basée sur la génomique. Une simulation a été menée sur un système naisseur de cent vêlages, sur une période de dix ans. Le taux de mortalité des veaux et le nombre de jours de complémentation des broutards sont les deux critères retenus pour juger des impacts technico-économiques.

Avec un taux de renouvellement de 26 %, l’usage des tests permet d’introduire sept génisses amélioratrices en plus par an (sur un total de 28), et d’accélérer le niveau génétique du troupeau de sept points par rapport à un tri classique. En dix ans, huit veaux supplémentaires sont sevrés, et 5 485 jours de complémentation économisés. Avec un taux de renouvellement de 31 %, seules deux génisses sont introduites par an et le progrès génétique est inférieur à deux points.

« Plus le taux de renouvellement augmente, plus la pression de sélection baisse, et moins les tests génomiques pour trier les génisses sont utiles, explique Vincent Poupin. Toutefois, dans notre exemple, même pour un taux de 26 %, le bénéfice sur dix ans se chiffre à 5 760 €, avant déduction des coûts des tests. Dans les conditions actuelles, le génotypage systématique des génisses est donc difficilement rentable, sauf peut-être lorsque le taux de renouvellement est inférieur à 20 %. Je conseille plutôt d’y avoir recours au cas par cas, au moment du sevrage, pour détecter des gènes d’intérêt ou des anomalies, ou pour raisonner les plans d’accouplement des bonnes femelles, par exemple. »

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