«Lorsque je parle de construire un projet de robot à partir de l’existant, il s’agit aussi bien du bloc bâtiment que des habitudes des animaux. Ce sont les deux fils conducteurs qui ont guidé ma démarche », précise Rémi Gillet, éleveur de vaches laitières à Raillimont, dans l’Aisne. Le volet économique apparaît logiquement en tête de liste des préoccupations de l’éleveur. « Je n’envisage pas de faire toute ma carrière dans ce bâtiment, poursuit-il. Il est assez ancien et ne me convient pas entièrement du point de vue de la luminosité et de la ventilation. Il ne fallait donc pas que la mise en place du robot représente un investissement trop lourd. »

Positionné sur un pan de l’ancienne salle de traite, le parc d’attente et la fosse de traite ont été conservés. « En plus de limiter les travaux, en termes de coût et de durée, les vaches ont pu garder leurs réflexes liés à la configuration précédente », se satisfait Rémi. Cette implantation « logique » a permis à l’éleveur de ne pas casser de logettes et de lui donner un accès au robot simple, propre et sécurisé, en plus de maintenir la proximité avec le bureau et la laiterie. « Le positionner à l’extrémité du bâtiment était aussi l’occasion de placer l’utilisateur en contrebas de l’appareil, afin de réaliser les traitements intra-mammaires debout et sans risque », ajoute-t-il.

Maintenir le pâturage

Concilier robot de traite et pâturage est essentiel pour Rémi. « Placer le robot côté sortie aurait nécessité plus de travaux et de changer l’habitude des vaches, poursuit-il. Il a fallu concevoir un circuit simple et, surtout, intuitif pour les animaux. »

L’éleveur a mis en place un circuit libre en hiver et dirigé à la saison du pâturage (voir ci-desous). À la belle saison, les vaches traites seront obligées de passer par l’extérieur, grâce à une porte de tri positionnée à la sortie du robot, avant de retourner au bâtiment par un chemin qu’elles connaissent déjà bien. La disponibilité de la ration mélangée encouragera le retour des animaux à l’étable. « Ce circuit est efficace. Je ne me pose pas la question d’aller chercher les animaux en retard au champ et, contrairement à une porte intelligente en fond d’étable, toutes les vaches sortent spontanément après la traite », souligne Rémi.

La configuration choisie lui a également permis de réaliser un « circuit privé » pour les vaches hautes productrices. Ainsi, son aire paillée est valorisée et l’alimentation des vaches mieux côntrôlée.

Mis en route à l’automne 2018, le circuit d’été n’a pas encore été testé, mais l’éleveur est serein. « Aujourd’hui, je ne regrette rien, car l’aire de vie des animaux, ainsi que leurs habitudes ont été maintenues, confie Rémi Gillet. J’ai gardé mon aire paillée et l’élevage de mes vaches hautes productrices va être optimisé. »

Alexandra Courty