À Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère, les quarante-huit simmentals de l’exploitation du lycée François Rabelais ont intégré, fin 2018, un bâtiment neuf, conçu pour le bien-être des animaux et des hommes. En salle de traite, le travail est facilité. « Nous avons opté pour une disposition en épi à 60 degrés, qui concilie traite par l’arrière et sortie des vaches par l’avant du quai, explique David Laumond, directeur de l’exploitation. Les trayeurs n’ont plus à se tourner pour brancher par le côté. Cela évite les torsions du dos, qui comptent parmi les premières causes de troubles musculosquelettiques à ce poste. »

Avec la traite par l’arrière, les risques de coups de pied sont également diminués. Pour éviter les souillures sur les griffes, des pare-bouses ont été installés. Sur le quai, les vaches sont plus serrées. Le pas est de 80 cm, au lieu de 1,2 mètre avec une disposition en épi à 30 degrés. « Il a fallu un mois pour les habituer à reculer et se placer l’une à côté de l’autre. Aujourd’hui, cela ne pose plus de problème », note Arnaud Salles, un des deux vachers.

Cette configuration ne revient pas plus cher qu’en épi classique à 30 degrés. « La pièce est plus large, mais moins longue. La surface reste équivalente. Avec des quais plus courts, les trayeurs marchent moins », note Henri Buisson, des établissements Buisson et fils, qui ont réalisé cette installation.

Des griffes faciles à reprendre

La salle de traite est équipée de 2 × 6 postes, avec décrochage automatique, et dispose de l’option Easy Start. « Pour libérer la griffe, il suffit de la soulever légèrement, précise Arnaud Salles. Il n’y a plus besoin de lever le bras et d’appuyer sur un boîtier situé en hauteur. La répétition de ce mouvement est susceptible de provoquer, à terme, une tendinite de l’épaule. »

Les griffes sont également munies de chambres de guidage du lait, qui sont séparées pour chaque quartier. Le niveau de vide monte dans le manchon seulement quand celui-ci est branché, ce qui limite le bruit et évite d’aspirer des impuretés. « Lorsqu’un quartier est trait, le niveau de vide retombe dans le manchon, pendant que la traite des autres quartiers se poursuit. Cela réduit les risques de surtraite et les problèmes de cellules », précise David Laumond.

Une ambiance sèche

Deux lignes de leds, de type « lumière du jour », assurent un éclairage avec un minimum d’ombres, ce qui contribue aussi au confort des trayeurs. Grâce à une pompe à vide peu sonore, le niveau de bruit est réduit. « C’est moins fatigant. Nous pouvons parler sans forcer la voix avec les élèves, et les bêtes sont plus calmes », note Arnaud Salles.

Des rideaux ferment les accès vers la laiterie, la stabulation et l’aire d’attente. Un cordon chauffant à basse tension, piloté grâce à des sondes, a été installé dans la dalle de la fosse. Cela permet de tempérer la pièce et d’éviter le gel.

« Le soir, après avoir fini de laver, nous fermons tout, poursuit le vacher. Le matin, quand nous arrivons à 5 h 30, l’ambiance est sèche. C’est appréciable, surtout l’hiver ! »

Frédérique Ehrhard