«Lors de mon installation sur la ferme de la Haute-Jaminière en 1992, j’avais un atelier de vaches allaitantes mais aussi une activité naisseur engraisseur en porc. La conduite en bandes de mon élevage porcin m’offre un statut immunitaire beaucoup plus stable. J’ai donc voulu retranscrire cette démarche sur mes veaux », témoigne Olivier Marolleau, à la tête d’un troupeau de 90 parthenaises.

Depuis une quinzaine d’années, l’éleveur concentre ses vêlages sur la période automnale et s’en estime très satisfait. « Ce moment est source de stress. Les rassembler sur une période très courte de l’année m’apporte un certain confort de travail et davantage de temps libre », explique l’éleveur. L’année passée, 59 % des vêlages de son troupeau étaient centralisés sur le mois d’août, et 25 % en septembre. « Il est rare de voir un groupage aussi intense », relève Nicolas Jeauneau, conseiller viande chez Seenovia.

« Le deuxième avantage concerne la gestion du rationnement. À trois semaines avant vêlage, toutes mes vaches rentrent en bâtiment et bénéficient d’une alimentation adaptée. Je leur mets à disposition un fourrage de flore diversifiée et de qualité ainsi qu’une dose en minéral plus abondante. Après la mise bas, je réajuste leur ration en la diluant avec plus de paille dans ma mélangeuse. Ainsi, à chaque stade, je peux caler les rations en fonction des besoins de mes animaux », reprend Olivier.

Réduction des pertes à la naissance

Grâce à cette conduite, les résultats techniques parlent d’eux-mêmes. Sur la totalité des vêlages, répartis du 1er août au 23 octobre 2019 inclus, le taux de mortalité des veaux est de 6,3 % quand il est estimé à 11,6 % pour la race parthenaise. « Comme ils grandissent à des âges très rapprochés, la concurrence est moindre à la tétée. De plus, ayant des bêtes très homogènes, je peux constituer des lots à forts effectifs et de ce fait réduire les temps de manutention, lors d’interventions sanitaires par exemple », rapporte l’agriculteur.

Concernant l’aspect commercialisation, l’éleveur y trouve également son compte, notamment sur la vente de ses mâles en broutards. « Bien qu’on définisse un prix (en €/kg vif) pour chaque animal, proposer à la vente de gros effectifs facilite les négociations. »

Moins d’UGB improductifs

La conduite des vêlages groupés exige une rigueur dans la date de début et de fin prévue. « Il n’y a pas de deuxième chance possible, d’autant plus que j’insémine moi-même 100 % de mon cheptel, souligne l’éleveur. En outre, en réformant sur la fertilité, je recense moins d’UGB (1) improductifs. »

Lucie Pouchard

(1) Unité de gros bétail.