Preuve s’il en était de l’importance de la prédation pour la production ovine, le préfet Jean-Paul Celet, coordonnateur du Plan national d'action sur le loup (PNA) a assisté au congrès de la Fédération nationale ovine (FNO)  qui se déroulait le 8 septembre 2022 au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

« Nous allons mettre dans le prochain PNA, un chapitre particulier sur les nouveaux territoires de prédation, a-t-il déclaré. On ne peut pas traiter les Alpes-Maritimes comme on va traiter la Lozère, la Haute-Loire ou le Cantal. Il faut une différenciation et des moyens particuliers sur ces territoires nouvellement prédatés. »

L’annonce a fait bondir l’un des représentants des éleveurs du Sud-Est. « Je ne suis pas d’accord pour cette politique différenciée. Nous n’allons pas faire de réserve à loups dans le Sud-Est », a-t-il lancé avant de quitter la salle. Les chiffres de la prédation continuent de progresser. "Le nombre d’attaques a augmenté de 15 % et celui du nombre de victimes de 6 %, a précisé le préfet. L'augmentation concerne surtout les nouveaux territoires colonisés par les prédateurs." Près d'une cinquantaine de départements sont aujourd'hui touchés.

Évolution du cercle zéro

Le nombre de loups « prélevés » progresse lui aussi. "Au 8 septembre 2022, 96 loups ont été tués, sachant que le plafond 2022 est à 174, a indiqué Jean-Paul Celet. Nous avons encore de la marge pour la première fois. Nous avons des capacités de défense des troupeaux. »

Autre point abordé par le coordonnateur du PNA : le cercle 0. « Il y aura une extension de ce cercle à un certain nombre d’élevages fortement prédatés. Le cercle 0 a des avantages importants notamment pour le financement des bergers. Il était réservé aux communes. Désormais, on pourra l’accorder aux élevages les plus prédatés. On ne modifiera pas pour les moyens de protection les clés de financement, toutefois nous aimerions que des mesures puissent être prises en compte pour étendre des expérimentations. »

"C'est n'importe quoi"

Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’y est pas allé par quatre chemins, au sujet des prédateurs, dans une vidéo adressée aux congressistes : « Ma conviction c’est que les loups et l’élevage ne sont pas compatibles. C’est n’importe quoi. Il faut choisir. Il est étonnant que dans notre pays où on parle beaucoup de bien-être animal, on accepte que les éleveurs puissent voir leurs animaux agoniser pendant des heures. Pour moi, il faut sortir de la convention de Berne. Nous travaillons aussi sur un système de comptage qui nous permette de montrer que le comptage de l’OFB (Office français de la biodiversité) n’a rien à voir avec la réalité du terrain. »