Le soir du réveillon de Noël, un sanglier s’est introduit dans la cage d’escalier d’un immeuble d’Offenbach, une ville de 120 000 habitants dans l’ouest de l’Allemagne. Ce fait divers s’ajoute à une longue liste d’incidents impliquant des animaux sauvages, survenus aux quatre coins du pays ces derniers mois. La progression de la population de sangliers, comme dans le reste de l’Europe centrale, préoccupe particulièrement les agriculteurs.

Une facture salée

Outre les champs de maïs piétinés, pour les éleveurs porcins, le risque est vital : ils craignent la propagation, via les sangliers, du virus de la peste porcine africaine (PPA). En cas de détection, tout le troupeau serait abattu, une perspective que les éleveurs allemands veulent éviter à tout prix. Et la facture pourrait s’élever à un milliard d’euros rien que dans le Land d’élection d’Angela Merkel, dans le nord-est du pays.

S’il n’a pas été prouvé pour l’instant que les sangliers sur le territoire allemand aient été en contact avec le virus, plusieurs gouvernements régionaux ont décidé d’anticiper : ils ont introduit des incitations financières à destination des chasseurs. Ainsi, en Bavière, le gouvernement régional offre 20 euros par sanglier abattu. Principale région d’élevage, la Basse-Saxe a débloqué, elle, un budget de 3,5 millions d’euros. En Saxe-Anhalt, où les autorités n’ont pas mis en place de dispositif financier, un groupement d’éleveurs a pris les choses en main avec un fonds de 75 000 euros. Derrière cette initiative se trouve le groupe LFD, premier producteur porcin d’Allemagne.

Le gouvernement fédéral suit également de près le dossier. « Les échanges (avec les Länder) montrent que des mesures liées à la chasse comme à la prévention des épidémies sont nécessaires pour une lutte efficace en cas de contamination », souligne une porte-parole du ministère de l’Agriculture. Les services vétérinaires ont formulé à cet effet une série de recommandations. Une nouvelle réunion au niveau politique aura lieu en marge du salon international Grüne Woche à Berlin, à la mi-janvier.