On l’aurait observé une première fois en août 2016 et, ensuite, de manière régulière dans les Ardennes et la Famenne wallonnes, deux zones limitrophes du sud de la Belgique.

À ce jour, dix observations crédibles, sur une trentaine répertoriée, ont été relevées.

Le loup est-il de retour ? On pourrait le supposer. Seulement aucune preuve génétique n’a pu à ce jour soutenir cette thèse, à l’inverse de ce qui s’est passé au Grand-Duché de Luxembourg : le 15 juillet dernier, huit moutons y ont été retrouvés morts. Dans la foulée, les analyses scientifiques ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un loup provenant d’une population alpine.

Du blaireau au loup

Le ministre wallon en charge de l’Agriculture a d’ailleurs anticipé. Il a ainsi élargi, en septembre, une mesure permettant aux agriculteurs d’être indemnisés en cas d’attaque par un animal issu d’une espèce protégée. Cette indemnisation s’appliquait déjà pour le blaireau européen, la loutre commune, le castor européen, le héron cendré et le grand cormoran. Désormais, cette indemnisation est étendue aux éventuels dégâts causés par le loup.

Des éleveurs Inquiets

Dans le même temps, un « réseau loup » a vu le jour afin de documenter le plus possible toutes les observations qui seront réalisées. Des représentants de la filière ovine et caprine ont intégré ce pôle wallon, de même qu’une série d’experts scientifiques, des chasseurs, des naturalistes…

Mais du côté des éleveurs, sa présence ou son retour probable inquiètent au plus haut point. Jean Devillers, président de la filière ovine et caprine wallonne en témoigne. « Cela remet en cause l’élevage en pâture. Notamment pour les éleveurs bio. La cohabitation est impossible. » Pour lui, il n’existe pas plusieurs solutions : « Il faut tuer les loups au fur et à mesure qu’ils reviennent. Et le pouvoir politique doit lever l’ambiguïté : d’un côté, il privilégie l’élevage à l’herbe et, de l’autre côté, il soutient le retour du loup. »