En 2021, les abattages espagnols sont repartis à la hausse, totalisant 718 000 tonnes équivalent carcasse (tec), soit 6 % de plus qu’en 2020, et + 24 % par rapport au point bas de 2014. Durant la même période, l’engraissement de bovins mâles a continué de se développer. La production compte 70 % de bovins mâles de 1 à 2 ans de plus qu’il y a dix ans. Cela « grâce à un cheptel allaitant en croissance, mais surtout à une forte augmentation des importations de bovins vivants pour l’engraissement, notamment de veaux nourrissons français », note l’Institut de l’élevage (Idele) dans son dossier annuel bovins viande, paru en janvier.

Hausse des exportations

 

Ce haut niveau de production a notamment permis d’alimenter le marché européen en manque de viande. En 2021, les envois de viande fraîche et congelée depuis l’Espagne ont augmenté de 8 % par rapport à l’année précédente, avec 240 000 tec expédiées. « La hausse des exportations a été marquée vers la Grèce (+ 31 %) et la France (+ 27 %) », relève l’Idele.

 

Et alors que les fortes disponibilités pesaient sur les prix au premier semestre 2021, l’anticipation marquée des sorties a ensuite allégé le marché. Les cours locaux ont atteint « des niveaux jamais vus », à partir d’août. À 3,89 €/kg de carcasse, la cotation annuelle du JB U a progressé de 31 centimes par rapport à 2020. En semaine 9, du 28 février au 6 mars 2022, elle atteint 4,79 €/kgc (+ 32 % par rapport à 2021). Le cours du JB R s’élève à 4,71 €/kgc (+ 26 %).

Tensions sur les matières premières

Ces hausses de prix sont indispensables pour couvrir les coûts de production des systèmes d’engraissement espagnols, principalement basés sur des rations sèches. « Les éleveurs sont inquiets. L’envolée du prix des aliments pour le bétail va être préjudiciable aux ateliers, déclare Caroline Monniot, économiste à l’Idele. La guerre en Ukraine leur fait également craindre des ruptures d’approvisionnement de matières premières pour l’alimentation animale. »