Entre janvier et août 2021, le prix du lait versé aux éleveurs irlandais est estimé à 372 €/1 000 l, contre 324 € l’année précédente (+ 15 %). Les premières estimations de la Commission européenne font état d’un prix supérieur à 424 €/1 000 l en septembre et octobre. Le maximum atteint en 2020 était de 391 €/1 000 l. L’écart se creuse, le tout sans tension sur les disponibilités. La collecte du pays devrait croître d’environ 6,5 % entre 2020 et 2021.

 

« Plus de 90 % du lait produit est exporté, explique David Kennedy, chez Bord Bia. Le prix du lait irlandais est directement connecté au prix des commodités laitières, qui atteignent des niveaux exceptionnels ces temps-ci. »

 

Dans l’Union européenne (UE), l’Irlande ne souffre pas d’une concurrence féroce à l’export. Cette année, la production laitière recule dans plusieurs États membres, notamment en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. « Cette baisse des approvisionnements augmente la valeur des stocks disponibles. »

 

Le portefeuille à l’export de l’Irlande laitière comporte pas moins de 147 destinations. Une souplesse qui permet au pays de s’appuyer sur des marchés porteurs « qui comprennent et apprécient la haute qualité et la durabilité des produits laitiers irlandais. »

Rester compétitif

Les systèmes d’élevage irlandais étant essentiellement calés sur la pousse naturelle de l’herbe, la crise des matières premières, en particulier celle de l’alimentation animale, affecte finalement peu la filière. Un bel atout compétitif.

 

Malgré tout, la dynamique observée sur le prix du lait pourrait, en définitive, altérer les échanges avec l’Afrique ou encore l’Asie du Sud-Est, des marchés « où l’élasticité-prix de la demande est assez faible », relève l’expert.

 

Enfin, la crise sanitaire et économique perdurant, une pression déflationniste importante est attendue en 2022. Cela pourrait également entraver la progression du prix du lait, en Irlande comme ailleurs.