Après un démarrage timide en 2021, la collecte laitière européenne s’est finalement redressée en mars. Elle est restée au-dessus de son niveau 2020 jusqu’en juin (1). D’après les données de la Commission européenne, les livraisons ont progressé de 0,7 % sur un an en juin (+ 90 000 tonnes de lait par rapport à juin 2020).

 

Cette relance est notamment tirée par l’Irlande. La collecte du pays a bondi de 7,4 % sur un an au cours du premier semestre. Sur le seul mois de juin, sa progression annuelle frôle encore les 4 %, soit un afflux supplémentaire de 39 000 tonnes de lait. La collecte italienne suit la même tendance, avec 42 000 tonnes de lait additionnelles en juin. Le bilan est plus mitigé en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Dans ces bassins, la collecte affiche un léger repli d’environ 1 % sur un an en cumul sur les six premiers mois de l’année. Dans l’Hexagone, le second trimestre rime néanmoins avec une croissance retrouvée, les conditions météorologiques aidant (+ 16 000 tonnes de lait en juin par rapport à 2020).

 

Outre-Atlantique, la collecte bat tous les records aux États-Unis (2). Pour la première fois de son histoire, elle a passé le cap des 9 millions de tonnes mensuelles en juin, soit une hausse de 4,6 % sur un an (+ 400 000 tonnes).

Marchés équilibrés

Une fin de campagne très dynamique est aussi observée en Océanie. La Nouvelle-Zélande a clôturé sa campagne laitière en mai. Les volumes collectés ont augmenté de 2,6 % par rapport à la précédente. Entre mars et mai 2021, la progression annuelle a oscillé entre 7 et 12 %. Sur cette période, le pays des kiwis a donc collecté presque 400 000 tonnes de lait supplémentaires par rapport à 2020.

 

En Australie, les livraisons ont progressé de 2,1 % en mai (+ 15 000 tonnes), à un mois de la fin de campagne.

 

« Les marchés des produits laitiers semblent à l’équilibre entre des disponibilités mondiales plus abondantes […] et une demande ferme des principaux importateurs, en premier la Chine, sous l’effet de la reprise économique mondial », indique l’Institut de l’élevage (Idele). De fait, les cotations européennes résistent. Le prix du beurre est resté stable cet été, autour de 4 000 €/t. De son côté, la poudre maigre évolue entre 2 400 et 2 600 €/t depuis juin.

 

 

« Au second semestre, les disponibilités en ingrédients laitiers s’annoncent historiquement élevées, prévoit l’Idele. Les échanges internationaux demeureront intenses et les cours se maintiendront d’ici la reprise saisonnière de la production laitière en Nouvelle-Zélande. Ensuite, leur évolution dépendra notamment de celle des cours des grains, qui sont un déterminant majeur des marchés laitiers. »

 

(1) Dernières données fournies par la Commission européenne.

(2) Lire en p. 6 de La France agricole  n° 3917 du 20/08/2021.