Ce n’est jamais sans stress, ni sans frais. Mais les agriculteurs qui « montent » à Paris en sont fiers car, avec ou sans prix, exposer un animal dans une compétition ou un produit au Concours général agricole symbolise la reconnaissance d’un savoir-faire.

 

« Une médaille apposée sur chaque fromage est remarquée par les consommateurs, cela stimule les ventes. Nous en avons l’expérience depuis l’obtention d’une médaille de bronze en 2019 », affirme Claudine Lemmet, qui produit 75 tonnes annuelles de saint-nectaire fermier en AOP avec son mari Jean-Paul et leur fils Julien, à Marcenat (Cantal). La médaille d’or gagnée cette année est une joie pour toute la famille et leur jeune employée alsacienne, Eva Stemmelen.

 

« C’est la reconnaissance d’un travail soutenu et rigoureux de chacun d’entre nous, depuis la qualité des fourrages, le confort des vaches, la transformation et les soins en cave », précisent les éleveurs, qui affinent un tiers de leur production et en confient les deux tiers aux établissements Marcel Charrade (Cantal).

Sur le grand ring

 

P hilippe Jarrige, qui élève 60 vaches salers à Saint-Bonnet-de-Salers (Cantal), n’avait pas participé au concours de Paris depuis 1995. Son taureau, Nicky, sélectionné par la commission du Herd-Book avec 17 autres salers parmi la trentaine d’animaux proposée, avait fière allure sur le grand ring, le 2 mars. Jugé « exceptionnel », il a remporté le prix de championnat mâle 2022.

 

> À lire aussi : Salon de l’agriculture Les champions bovins du Concours général agricole de 2022 (11/03/2022)

 

« C’est la reconnaissance d’un long travail de sélection. Ce prix va servir la réputation de l’élevage et les ventes de reproducteurs », se réjouit l’éleveur, qui chiffre sa semaine à la capitale à plus de 1 500 €, sans compter le prix du transport de l’animal et du foin pris en charge par le Groupe Salers Évolution.

 

La famille Vidalenc, qui élève 110 mères aubracs à Pierrefort (Cantal), en était quant à elle à sa 24e participation au concours de Paris et à un 10e prix de championnat remporté cette année par Ivoire, une vache de 9 ans « aux remarquables qualités de race ». « Nous représentons avec passion la race aubrac, soulignent Jean-Marie Vidalenc et son fils Lilian. Nos animaux sont appréciés, y compris à l’étranger. Ce prix nous conforte dans notre travail de sélection. La semaine à Paris nous coûte environ 2 000 €. L’OS Race Aubrac prend en charge le transport des animaux et l’inscription au concours. »

 

> À lire aussi : Sondage Les produits du terroir ont la cote (07/12/2021)