Les résultats de l’enquête avicole 2020, réalisée par les chambres d’agriculture de Bretagne, de Nouvelle-Aquitaine et du nord de la France sur des lots abattus du 1er janvier au 31 décembre 2020, viennent de paraître. Ils sont à l’image de l’année 2020, fortement perturbés par le contexte sanitaire.

 

Les filières n’ont pas été impactées de la même façon par le contexte sanitaire (Influenza aviaire et Covid). Les plus touchées restent le canard à rôtir avec une augmentation des vides sanitaires ainsi que le poulet lourd du nord de la France en raison d’une baisse de la cotation du vif (cotation Deinze).

 

> À lire aussi : Influenza aviaire, les confinements répétés des volailles divisent la filière (03/11/2021)

 

L’enquête met en avant la poursuite de la réorientation d’un bon nombre de poulaillers export vers des souches JA (à croissance lente) ou du poulet lourd. Ce dernier voit sa marge brute se dégrader très fortement (- 10 €/m2/an par rapport à 2019 notamment lié aux lots du nord). Le poulet lourd sexé est pénalisé par une hausse des charges (litière, chauffage) en lien avec les pododermatites.

 

> À écouter aussi, notre podcast : Comprendre et lutter contre la résistance aux antibiotiques (20/10/2021)

Un manque de visibilité

En dinde, la production se réoriente vers la dinde medium standard. Pour cette dernière, la marge brute annuelle (35,70 €/m²/an) se redresse malgré une augmentation de la durée des vides (2,21 lots/an contre 2,38 lots en 2018). Le poids moyen poursuit sa progression. Les volailles label de même que le poulet bio s’en sortent bien grâce à la restauration à domicile.

Sylvaine Dano, présidente du pôle aviculture des chambres d’agriculture de Bretagne reste optimiste : « La reprise de la restauration collective, l’étiquetage d’origine de la viande pour 2022, l’amélioration de la cotation Deinze en 2021 sont des signaux positifs. »

 

Mais des inquiètudes demeurent. Les éleveurs subissent une hausse du coût des matières premières et de l’énergie depuis fin 2020 qui se cumulent avec l’augmentation des prix des matériaux de construction. « Nous souffrons d’un manque de visibilité avec un risque d’arrêt des projets de bâtiments, voire un frein sur les installations », craint Sylvaine Dano.

 

> À lire aussi : Volailles : « Il y a urgence à répercuter les hausses du coût de l’alimentation » (26/10/2021)