Portée par l’association Bovinext (1), la race redyblack, qui supplante la stabiliser (2), est présente chez 35 éleveurs en France, dont deux tiers dans le Grand Est et trois en Alsace. Le projet a émergé d’une « réflexion globale sur une filière bovine en crise », introduit Maxime Schmitt, animateur technique de l’association, dans une vidéo YouTube diffusée le 23 février 2021. Bovinext souhaite expérimenter la redyblack dans les conditions d’élevages françaises et son aptitude à répondre aux besoins de la filière.

 

L’arrêté de reconnaissance de l’organisme de sélection (OS) en France de la race bovine composite, renommée redyblack, donne ainsi accès à « la monte publique (insémination et transplantation embryonnaire), à un livre généalogique et à un schéma de sélection 100 % français, au début de l’évaluation génétique et au suivi de performance en ferme », précise l’association Bovinext.

Miser sur la production de carcasses légères de qualité

Développée exclusivement en France, la création de la redyblack s’étendra sur une dizaine d’années. « Tout l’enjeu est d’obtenir un cheptel suffisamment important en nombre d’individus et en diversité génétique », reprend Maxime Schmitt.

 

Si la génétique souche reste la stabiliser, le noyau de sélection est ouvert à d’autres races telles que l’angus et la simmental américaines, dès lors que les taureaux sont conformes au standard de la redyblack. « C'est une race composite, qui utilise les meilleurs individus d’autres races pour les incorporer dans sa population, afin d’améliorer la diversité génétique », explique Bovinext, qui vise 2 000 femelles d’ici à 2050 et cinquante adhérents à terme.

 

L’association mise sur la finition rapide des animaux à l’herbe, la production de carcasses légères et l’obtention d’une viande persillée et tendre de qualité pour séduire les consommateurs. « Nous avons espoir de fixer un prix rémunérateur en instaurant des contrats tripartites entre éleveurs de redyblack, bouchers et abatteurs », indique l’animateur technique.

Un premier noyau importé du modèle stabiliser

Les trois organismes fondateurs de Bovinext se sont intéressés en 2017 à la stabiliser, une race bovine anglaise héritée d’un modèle américain. « Les éleveurs rendus sur place ont été séduits. Des génisses et des embryons de race stabiliser ont ainsi été importés en France il y a trois ans pour constituer les premiers troupeaux », retrace Maxime Schmitt.

 

> À lire aussi : La race « stabiliser » débarque en France (07/09/2017)

 

> Pour davantage d’informations :« J’ai acheté des embryons de la race stabiliser » (09/05/2018)

 

 

(1) L’association Bovinext a été créée en avril 2017 afin de porter le projet d’élevage et de filière, basé sur le développement en France d’un nouveau patrimoine génétique bovin appelé « redyblack ». Les trois organismes fondateurs du socle Bovinext sont la coopérative d’insémination Elitest, la chambre régionale d’agriculture du Grand Est et l’Association de production animale de l’Est (Apal).

(2) Outre-Manche, la Stabiliser Cattle Company sélectionne une race composite mêlant l’angus, la hereford, la gelbvieh et la simmental.