« La fermeture partielle de la restauration hors domicile (RHD) pourrait se poursuivre en 2021, au moins en début d’année », rapporte FranceAgriMer dans son bilan de l’année 2020 sur la situation des marchés dans les filières animales publié le 3 février. La perte de ce débouché, un des principaux de la viande de veau, impacterait fortement la consommation annuelle et induirait a fortiori des abattages en baisse.

 

En lien avec la pandémie de Covid-19, les abattages de veaux de boucherie avaient diminué de 4,1 % en 2020, soit 51 000 têtes de moins qu’en 2019. Les mois de mars, avril et mai [période du premier confinement] avaient contribué pour deux tiers à la baisse annuelle.

 

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Toujours plus d’animaux à l’exportation

Le surplus d’offre généré au début de l’année 2020 a provoqué une forte baisse du prix des veaux de boucherie. En effet de cascade, « les cours bas ont conduit à un retard dans les sorties de veaux des élevages et à un alourdissement des poids à l’abattage », analyse FranceAgriMer. Malgré le rebond de consommation estivale et la résorption des surstocks, « les veaux ont été abattus dix jours plus âgés et 1,3 kg plus lourds » en cumul sur l’année 2020 par rapport à 2019.

 

+ 5,9 %

C’est la hausse des exportations de veaux nourrissons à destination de l’Espagne en 2020 par rapport à l’année précédente. Les envois ont doublé depuis 2015.

L’absence de débouchés sur le marché intérieur pour les veaux nourrissons français s’est traduite par un report massif vers l’exportation. Les envois se sont majoritairement concentrés sur l’Espagne, qui représente 93 % des parts du marché. « Le prix unitaire des veaux laitiers exportés vers l’Espagne, quant à lui, a diminué de 17 centimes par animal, soit une baisse de 7,6 %, soulignant les difficultés à mettre en valeur les veaux nourrissons », indique FranceAgriMer.

 

S’agissant des importations, elles ont chuté de près de 42 %, soit 7 300 têtes de moins qu’en 2019. « La surcharge des ateliers d’engraissement de veaux de boucherie et le faible prix français des veaux nourrissons ont incité les opérateurs à acheter peu de veaux étrangers », explique FranceAgriMer.

Une reprise plus dynamique espérée avant l’été

D’après les perspectives, seule une réouverture de la RHD avant l’été 2021 pourrait impulser la consommation de viande de veau et ainsi « prévenir une baisse saisonnière accrue de la cotation. »

 

En effet, d’après les données de Kantar Worldpanel, les achats de viande fraîche de veau par les ménages ont été quasi stables entre 2019 et 2020. « La fermeture partielle de la RHD pendant plusieurs mois ne semble donc pas avoir conduit à un report de consommation sur la grande distribution, contrairement aux viandes issues de gros bovins », en déduisent les experts.

 

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