« Il ne suffit pas, comme par le passé, d’être bon, il faut aussi savoir anticiper et sécuriser le système face aux aléas », relate un des éleveurs de bovins allaitants parmi les 124 participants à l’étude, financée par la Confédération nationale de l’élevage (CNE). « Anticipation, maîtrise technique, sécurisation des débouchés et solidarité », voici les maîtres mots exprimés par les éleveurs du réseau dans le cadre de réunions participatives.

 

Pour faire preuve de davantage de résilience dans un contexte plus changeant et volatil, les éleveurs évoquent également l’amélioration des performances de leur troupeau et la consolidation de leur exploitation. « Une stratégie qui allie le pilotage de tous les jours et les perspectives à plus long terme », reprend l’étude publiée le 16 novembre 2020.

« Ne pas devenir l’esclave de son métier »

Parmi les préoccupations majeures figure inévitablement « l’insuffisance des revenus ». « Les éleveurs sont prêts à faire un effort sur la maîtrise des coûts de production. Pour autant, ils ne veulent pas « se retrouver tout le temps dans le rôle de la variable d’ajustement » et souhaitent que « le prix de vente des animaux couvre au minimum leurs coûts de production », rapporte l’étude.

 

Tous les agriculteurs qui ont participé à l’enquête insistent sur l’importance de trouver des segments de marché plus rémunérateurs pour leurs produits, via la contractualisation ou encore la différenciation avec des signes de qualité reconnus.

 

La transmissibilité de leur exploitation est également une problématique forte. Entre 2005 et 2015, la SAU et le nombre d’animaux détenus par les éleveurs de bovins allaitants ont progressé de 15 % tandis que la main-d’œuvre (exploitant + salariée) reste à un niveau constant. Ainsi, les éleveurs interrogés insistent sur « la nécessité de travailler sur le suivi des jeunes installés et des conditions de travail correctes pour rendre le métier attractif. » Ils soulignent l’importance de « ne pas devenir l’esclave de leur métier ».

Sept simulations d’avenir selon les territoires

Les groupes de travail ont coconstruit sept simulations à l’échelle de plusieurs bassins de production dans une conjoncture de l’année 2016. Tous les scénarios s’appuient sur divers critères d’évaluation de la durabilité. Les déterminants communs aux systèmes d’avenir ressortis de ce rapport sont l’efficience alimentaire des élevages, la recherche de précocité et la maximisation de l’utilisation de l’herbe.

 

Les critères retenus pour évaluer les systèmes d’élevage sont établis à l’aide des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Ils sont classés selon 3 axes et reprennent les fondements du développement durable. Source : Inosys-Réseaux d’élevage des bovins à viande
Les critères retenus pour évaluer les systèmes d’élevage sont établis à l’aide des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Ils sont classés selon 3 axes et reprennent les fondements du développement durable. Source : Inosys-Réseaux d’élevage des bovins à viande

 

Plus spécifiquement à l’échelle des territoires donnés, des simulations ont été testées pour :

  • Un élevage naisseur aubrac qui produit des broutards lourds de 12 mois pour l’exportation vers l’Italie (Auvergne Occitanie) ;
  • Un élevage naisseur limousin de broutards repoussés et de génisses de boucherie visant les marchés de consommation de Lyon et de Saint-Etienne et décliné selon deux stratégies (Auvergne Midi-Pyrénées) ;
  • Un élevage naisseur engraisseur de veaux de lait sous la mère sous label rouge (Bassin limousin) ;
  • Un élevage naisseur aubrac en sélection avec estive (Auvergne Occitanie) ;
  • Un élevage naisseur aubrac avec production de broutards repoussés et de génisses de boucherie « Fleur d’Aubrac » (Auvergne Occitanie) ;
  • Un élevage naisseur engraisseur de jeunes bovins charolais (Bassin Pays de la Loire Deux-Sèvres).