« Mais qu’est-ce que L214 ? Comment cette association est-elle née ? Qui sont ses soutiens ? » s’interroge Jacques Monin dans l’émission Secrets d’info de France Inter du 14 novembre 2020. C’est Maxime Falloy, journaliste de la cellule d’investigation de Radio France qui lui répond. Dans une enquête intitulée « Derrière L214, l’ombre de la viande in vitro », le journaliste détaille les liens entre l’association anti-élevage et des start-ups qui travaillent à la création de viande cellulaire.

 

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Un don en 2019

Dans son enquête, Maxime Falloy rappelle qu’il y a trois ans L214 a reçu une somme d’argent importante d’Open philanthropy project. Cette dernière a notamment été créée par Dustin Moskovitz, un des fondateurs de Facebook et la cent quarante-sixième fortune mondiale, selon le classement du magazine Forbes en 2019. Elle investit dans « la santé, les universités, la recherche… mais aussi dans le bien-être animal », détaille le journaliste.

 

En trois ans, Open philanthropy project a versé « plus de 125 millions de dollars à diverses associations de défense animale et notamment L214 via un versement de 1,14 million d’euros en 2017 (495 000 euros imputés aux comptes de 2018, 645 000 euros dans ceux de 2019), précise Maxime Falloy. Dans les comptes de 2019 de l’association, cela représente 8 % de son budget. » Le journaliste indique que d’après Brigitte Gothière, cofondatrice de L214, l’association antispéciste n’a pas sollicité ce don.

 

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« La filière d’avenir, c’est de changer la manière dont se nourrit le monde »

Pour son enquête, Maxime Falloy a interrogé Gilles Luneau, journaliste qui a enquêté sur cette fondation. Ce dernier estime que le don fait à L214 était intéressé car la fondation a, selon lui, un double objectif : « D’une part, elle soutient un certain nombre de start-ups qui travaillent sur la nourriture végane. Et d’autre part, elle finance la recherche, le développement et la quasi-mise en industrie de viande à partir de cultures de cellules-souches. À leurs yeux, la filière d’avenir c’est de changer la manière dont se nourrit le monde, » précise Gilles Luneau cité par Maxime Falloy.

 

« The Good Food Institute, par exemple, a reçu 6,5 millions de dollars de la part de l’Open philanthropy project, et il fait la promotion de la viande in vitro », indique Maxime Falloy. Si on résume, Open philanthropy project serait un intermédiaire entre les associations comme L214 et les entreprises qui travaillent sur la viande cellulaire et pour qui la fin de l’élevage serait une aubaine. Car pour le moment la viande cellulaire ne séduit pas ou peu les consommateurs. Les dégoûter de l’élevage comme cherchent à le faire certaines vidéos chocs, les inciterait-il à se tourner vers cette alternative ?

 

Maxime Falloy souligne cependant que sur le sujet de la viande cellulaire, les fondateurs de L214 n’ont pas d’avis tranché. Ils la comparent à la cigarette électronique. « Pour les personnes qui ne sont pas prêtes à arrêter de manger de la viande, la viande de culture peut être une solution », estime Sébastien Arsac, cofondateur de L214.