« De 60 à 70 % de l’impact carbone des animaux d’élevage provient de son alimentation, et les matières premières sont responsables de 80 % du coût carbone d’un aliment. Il faut agir sur ces matières premières », affirme Frédéric Monnier, le vice-président de La Coopération agricole nutrition animale (LCA nutrition animale), lors d’une conférence de presse le 4 novembre 2020.

 

Pour ce faire, deux moyens d’action sont envisagés : le développement de nouvelles filières végétales de protéagineux via le plan protéines prévu dans le plan de relance du gouvernement français, et « travailler à la durabilité du soja importé ». « LCA nutrition animale s’est notamment engagée dans la démarche Duralim, visant à assurer la totalité des approvisionnements en soja non issu de la déforestation. »

 

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« Les éleveurs ne pourront pas porter le surcoût »

Si l’approvisionnement en soja durable permet un « gain » de 1,4 million de tonnes-équivalent CO2 (dioxyde de carbone), cette démarche a toutefois un coût : de 20 à 70 millions d’euros. « Les éleveurs ne peuvent pas supporter ce surcoût, et que les consommateurs ne seront pas prêts à payer, poursuit Frédéric Monnier. Il faut pouvoir financer le surcoût du soja non déforestant avec des crédits carbone. »

 

Des travaux sont d’ores et déjà engagés afin d’étudier la faisabilité de valoriser le carbone économisé. Par ailleurs, « nous devons travailler avec les filières animales pour incorporer nos données dans leurs modèles », souligne le vice-président de LCA nutrition animal. Il s’agit par exemple de l’audit CAP2ER, « qui ne prend pas en compte le coût carbone des aliments et l’impact des formulations ».

 

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