« Sur les cinq premiers mois de 2020, les importations chinoises totalisent près de 2,4 millions de tonnes de viande et coproduits de porc », révèle Abcis, cabinet d’expertise dans les filières animales dans un rapport publié le 31 juillet 2020. D’une année sur l’autre, les envois ont doublé en volume et presque triplé en valeur (+173 %) après les dégats causés par la peste porcine africaine au cheptel porcin chinois.

Les États-Unis réaffirment leur position de leader

En mai, les envois étasuniens vers la Chine totalisent 105 000 tonnes de viande et de coproduits. Le géant américain bat un record et « conserve ainsi sa place de leader au rang des fournisseurs du marché chinois », indique Abcis.

 

Si les États-Unis défendent une bonne compétitivité en termes de prix, ils peuvent également compter sur « la volonté apparente des autorités chinoises de respecter l’accord conclu en janvier prévoyant une forte hausse des achats de produits agricoles étasuniens. »

 

Du côté de l’Europe, la tendance est également favorable. Les envois européens représentent 56 % des volumes totaux importés par la Chine en 2020, soit +71 % par rapport à 2019.

 

Sur les cinq premiers mois de 2020, les États-Unis restent les premiers fournisseurs de viande porcine et de coproduits de la Chine. Source : Abcis d’après les douanes de différents pays
Sur les cinq premiers mois de 2020, les États-Unis restent les premiers fournisseurs de viande porcine et de coproduits de la Chine. Source : Abcis d’après les douanes de différents pays

 

Cette hausse des importations se place dans un contexte de recul du cheptel porcin chinois. « Avec près de 20 millions de tonnes-équivalent carcasse (tec), la production sur le premier semestre aurait globalement reculé de 19 % par rapport à 2019, soit une baisse de 4,7 millions de tec », précisent les spécialistes d’Abcis.

De nouvelles perturbations sont à craindre

« Le dynamisme des importations chinoises pourrait être freiné par les mesures sanitaires prises récemment par les services douaniers du pays », nuance Abcis. Afin de prévenir les risques d’une nouvelle vague de contamination, « le gouvernement chinois a instauré des mesures d’inspection sanitaire des denrées alimentaires importées ».

 

Certains outils d’abattage-découpe et entrepôts frigorifiques en ont déjà fait les frais. Compte tenu des cas de contamination du personnel par le Covid-19, « quinze entreprises européennes ont vu leurs exportations interdites vers la Chine », dénombre Abcis. Par ailleurs, « des suspensions de licences d’exportation vers la Chine ont affecté des usines de bœuf au Brésil, au Canada, ou encore en Argentine ».

 

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