Le confinement bouleverse les habitudes de consommation des ménages. L’incertitude est grande quant aux achats de viande d’agneau pour les fêtes religieuses. C’est pourquoi il apparaît prudent de ralentir la préparation des animaux en les rationnant.

 

« Mieux vaut s’adapter au stock présent sur l’exploitation », estime Laurence Sagot du Ciirpo/Institut de l’élevage. Acheter un aliment très peu concentré en énergie est compliqué à envisager compte tenu de la situation.

 

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Rationnement sévère

« Si le départ des agneaux prêts à partir est reporté, un rationnement sévère les maintiendra approximativement au même poids », explique-t-elle. Ainsi, pour un aliment dosant 0,92 unité fourragère viande (UFV) par kg et avec de la paille à volonté, il convient de distribuer 600 g par jour aux mâles et 500 g/j aux femelles.

 

Si les deux sexes sont mélangés, mieux vaut opter pour le niveau le plus faible. Le but est d’apporter 0,55 UFV/j aux mâles. Sur le plan pratique, cela impose d’abandonner le remplissage automatique des nourrisseurs. Des auges provisoires peuvent être disposées sur l’aire paillée.

 

« Ces rations sont toutefois indicatives car nous ne disposons d’aucune étude sur le sujet, prévient Laurence Sagot. La pesée des animaux et leur observation restent conseillées pour éventuellement modifier ces niveaux de rationnement. Il est possible qu’ils soient trop restrictifs pour certains types génétiques comme les races prolifiques par exemple. » Le renouvellement et l’aération de la paille sont conseillés pour favoriser sa consommation.

Trouver de la place

Pour les autres agneaux sevrés en cours de préparation, « il est prudent, lorsque cela est possible, de les rationner également, ajoute l’experte. Leurs niveaux de croissance sont élevés lorsque l’aliment est à volonté, de l’ordre de 300 g par jour. »

 

Dès le sevrage ou à 5 kg du poids de départ, c’est-à-dire à 35 kg pour les mâles et à 30 kg pour les femelles, le niveau de rationnement à prévoir est de 800 g à 1 kg par jour pour les mâles et de 700 à 800 g par jour pour les femelles. Ces niveaux peuvent être ajustés grâce à la pesée.

 

« En plus du travail quotidien supplémentaire, le rationnement demande trois fois plus de longueur d’auge que dans le cas d’une alimentation à volonté », précise Laurence Sagot. Ces agneaux qui ne partent pas dans les temps vont prendre de la place dans la bergerie. C’est pourquoi l’anticipation de la mise à l’herbe des agnelles de renouvellement peut permettre de s’en sortir. Une période de transition est à prévoir avec une diminution progressive des concentrés jusqu’au jour du lâcher pour celles nées en août-septembre. Pour les plus jeunes nées en octobre-novembre, mieux vaut continuer à leur distribuer 300 g/j de concentrés pendant un mois.

 

 

 

 

(1) Centre interrégional d’information et de recherche en production ovine.