« Les impacts économiques de la crise ukrainienne avec une forte augmentation des coûts de l’alimentation du porc et des volailles, de l’énergie et d’autres facteurs de production, combinés aux conséquences de la propagation exceptionnelle de la grippe aviaire dans les élevages de volailles français et européens, provoquent aujourd’hui une inflation des coûts de production insoutenable », alerte la Fict, dans un communiqué publié le 21 avril 2022.

 

> À lire aussi : Négociations commerciales, la Coopération laitière veut « 15 à 20 % » de hausse sur ses produits (20/04/2022)

Des viandes plus chères

Selon la Fédération des entreprises de charcuterie traiteur, les matières premières carnées représentent plus de 50 % des coûts de production de ses membres. Or le prix du porc en France « a augmenté de 35 % depuis le début de l’année 2022 » et se situe « à un niveau bien supérieur à celui observé en 2019 lorsque des revalorisations de contrats avaient été consenties par les distributeurs pour préserver les entreprises françaises de charcuterie traiteur », souligne la Fict.

 

Le syndicat rapporte aussi des « augmentations importantes des prix de la volaille et du bœuf, dues pour la volaille à l’envolée des prix de l’alimentation animale et la tension sur les disponibilités des matières liées à l’épisode de grippe aviaire ». Pour le bœuf, le « déficit de l’offre » est mis en cause. Par ailleurs, la Fict insiste sur la forte augmentation de « de tous les autres coûts : des emballages, de l’énergie (électricité, gaz), des transports et de la main-d’œuvre. »

 

> À lire aussi :La faiblesse de l’offre soutient le cours du porc (08/04/2022)

Évolution des marges « au profit » des distributeurs

Afin de répercuter ces hausses de charges, la Fict demande aux distributeurs d’appliquer de manière « rapide et concrète » la « charte d’engagements enseignes-distributeurs ». Signée par « toutes les enseignes », elle vise à « rouvrir des renégociations avec leurs fournisseurs pour prendre en compte les surcoûts subis qu’ils soient agricoles ou industriels, et à ne pas appliquer de pénalités logistiques aux défauts de livraison dus à la crise », explique le syndicat des charcutiers-traiteurs.

 

Ce dernier considère que sur les cinq dernières années, l’évolution des marges s’est « largement faite au profit des distributeurs ». Entre 2016 et 2020, « 60 % de l’augmentation du prix de vente du produit jambon cuit est revenue à la distribution, soit 1,08 euro pour la distribution, alors que le prix en rayon a augmenté de 1,81 euro, et que 16 centimes seulement sont revenus à l’industrie de charcuterie-salaison », illustre la Fict.

 

> À lire aussi : Grippe aviaire, le dépeuplement des élevages de volaille s’étend (21/04/2022)