C’est un accueil favorable, mais teinté d’inquiétudes. À la suite de l’annonce du nouveau plan d’action contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) par le ministère de l’Agriculture le 29 juillet 2022, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) « salue l’écoute des pouvoirs publics qui ont en très grande partie entendu l’extrême détresse des acteurs du secteur ».

« Indispensable adaptation des indemnisations »

L’interprofession est notamment satisfaite du passage de 50 à 100 % de prise en charge de la perte liée au vide sanitaire pendant 150 jours après la levée des zones réglementées, de « l’instauration d’un dispositif complémentaire permettant de pallier la grave pénurie de canetonsen prenant en charge 50 % de la perte, ainsi que « la mise en œuvre de ce taux bonifié à 100 % pour accompagner les producteurs engagés dans un plan de baisse de densité ».

 

Un avis partagé par l’Anvol, l’interprofession des volailles de chair. Elle assure « avoir été entendue sur l’indispensable l’adaptation des indemnisations, tant sur la durée que sur les coûts, pour répondre à la réalité de la remise en route des élevages sur le terrain. »

 

Pour la FNSEA, la Confédération française de l’aviculture (CFA) et Jeunes Agriculteurs (JA), « la réponse apportée par l’Etat – plus d’un milliard d’euros – pour accompagner le redémarrage de la filière faisant suite à cet épisode inédit d’influenza aviaire est à la mesure de la gravité de la situation économique que subissent les éleveurs. »

 

> À lire aussi : Influenza aviaire, tout savoir sur l’indemnisation des volailles abattues (28/07/2022)

« Non-prise en compte » des zones indemnes

Des insatisfactions sont toutefois exprimées par les interprofessions du foie gras et des volailles de chair. Le Cifog « déplore la non-prise en compte des producteurs situés en zone non réglementée alors qu’aucune autre source d’approvisionnement d’animaux d’un jour n’est possible ».

 

Dans ces zones indemnes, « certains éleveurs ne peuvent pas produire et subissent des pertes très importantes », abondent la FNSEA, la CFA et JA.

 

S’agissant des entreprises de l’aval (transformateurs, entreprises de services, transports), l’interprofession du foie gras demande de « mieux prendre en compte l’impact de cette épizootie et les très fortes pertes engendrées par un manque d’activité qui s’inscrit dans la durée ».

 

> À lire aussi : 760 millions d’euros d’indemnisations face à la grippe aviaire (27/07/2022)

« La claustration va rester la norme »

Du côté du syndicalisme agricole, la Confédération paysanne et le Modef ne « valident pas en l’état » les « fiches actions » proposées par le ministère d’Agriculture, estimant que leurs propositions ont été « balayées d’un revers de main ». « Nous demandions l’introduction de mises à l’abri alternatives aux bâtiments pour respecter les conditions de l’élevage en plein air », rappellent les deux organisations.

 

Considérant que « la claustration va rester la norme », la Confédération paysanne et le Modef affirment se « désolidariser définitivement » de la feuille de route pour lutter contre l’IAHP, que les deux syndicats avaient signé « avec beaucoup de réserves l’été dernier ». Ils demandent par ailleurs à être reçus « dans les plus brefs délais » par Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture.

 

> À lire aussi : Influenza aviaire, une aide pour les élevages de poules pondeuses (13/07/2022)