« Améliorer la résilience des filières », « être réactif et anticipation de crise » et « envisager la production de palmipèdes en condition de pénurie de canetons », tels sont les principaux objectifs du nouveau plan d’action du ministère de l’Agriculture pour lutter contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), présenté ce vendredi 29 juillet 2022.

 

Lors du dernier épisode de 2021-2022, qui a atteint une ampleur inédite, « l’Anses a identifié un certain nombre de failles qu’il faut combler, estime le cabinet de Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture. Il est nécessaire de donner de la visibilité aux professionnels en amont de la période la plus à risque, qui débutera à l’automne ».

 

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Identifier tous les élevages

Cet ensemble de mesures est décliné en sept « fiches action », dont l’élaboration a été le fruit d’une « concertation collective » avec les professionnels du secteur. Elles visent à compléter les dispositions de la feuille de route déjà en juillet 2021, faisant suite à l’épisode de 2020-2021 de l’IAHP.

 

L’accent a été mis sur la lutte précoce contre le virus. « Il est un sujet sur lequel nous ne sommes pas allés au bout : celui de la connaissance des élevages », indique le cabinet du ministre. Concrètement, les services de l’État veulent avoir la capacité d’identifier tous les élevages et leurs effectifs à chaque instant, pour, notamment, connaître avec précision l’environnement d’un foyer déclaré.

 

« À terme, des restrictions sur les indemnisations pourront être envisagées en cas d’abattage sanitaire, si l’élevage ne s’est pas identifié, ou s’il n’a pas donné d’informations sur ses mouvements d’animaux », précise l’entourage de Marc Fesneau. Des outils à destination des éleveurs et de l’ensemble des acteurs, tels que des autocontrôles pour la biosécurité, devraient également être mis en place avant l’automne prochain.

 

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Réduction des densités dans le Sud-Ouest

Face au manque de reproducteurs, en particulier pour la filière des palmipèdes, une baisse des densités d’animaux va être opérée dans les zones touchées par l’IAHP dès l’automne prochain, par une incitation à la « non-remise en place ». « Les éleveurs concernés, essentiellement situés dans le Sud-Ouest bénéficieront d’aides. Cela permettra de favoriser les mises en place dans les zones indemnes. »

 

Parallèlement aux réflexions seront menées sur les niveaux de risque vis-à-vis de l’IAHP. « Parce que nous faisons face à un risque d’endémisation du virus, nous devons travailler à revoir les indicateurs qui permettent de définir les périodes à risque », précise le ministère.

 

Alors que ces dernières étaient jusqu’alors établies à l’échelle nationale, « nous devons affiner et trouver des indicateurs plus pertinents, pour davantage raisonner à l’échelle locale », pointe le cabinet du ministre. Un enjeu de taille, puisque de ces niveaux de risque dépend, entre autres, l’obligation de claustration des volailles.

 

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