« Coup de chaud sur la filière laitière », résume Thierry Roquefeuil, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), lors d’une conférence de presse le 21 juillet 2022. Le prix du lait a beau progresser, « il ne le fait pas aussi vite qu’en Pologne ou en Allemagne, contrairement à nos charges », souligne Ghislain de Viron, premier vice-président de la FNPL.

 

Sur le marché intérieur, les premières retombées de la loi Egalim ne comblent pas les attentes du syndicat. « Nous ne souhaitons pas organiser une pénurie de lait en France, mais pour cela il faut que les transformateurs et les distributeurs se mettent rapidement au travail et appliquent la loi », insiste le président.

 

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Actions syndicales pour revaloriser le prix de la brique de lait

Au cœur du problème, une inflation jugée insuffisante sur les produits laitiers. D’autant plus au regard des prix pratiqués chez nos voisins européens. Las d’attendre une énième renégociation, la FNPL mise sur des actions de communication régionales en grande distribution cet été.

 

« Au 1er septembre, nous ne nous interdisons pas une grande action nationale, avec le soutien de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, si le prix de la brique de lait française, un produit symbolique, ne rejoint pas les prix belges ou allemands autour d’un euro du litre, prévient Daniel Perrin, secrétaire général de la FNPL.

Rencontre avec le ministre de l’Agriculture

Ces problématiques seront sans nul doute abordées à l’occasion de l’entretien prévu entre le syndicat et le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau le 22 juillet 2022. La FNPL compte également mettre sur la table le manque de réactivité de la loi Egalim face aux récentes perturbations de marchés. « L’indicateur coût de production interprofessionnel annuel doit évoluer plus vite pour prendre en compte les hausses massives subies ces derniers mois », appuie Yohann Barbe, trésorier du syndicat. À défaut, « il faudrait déjà que l’indicateur actuel soit considéré par tout le monde », s’agace Ghislain de Viron.

 

Les responsables syndicaux profiteront de cette visite rue de Varenne pour demander une plus grande efficacité de la médiation, du comité de règlement des différends et des sanctions en cas de non-respect des contrats laitiers. « Maintenant qu’il faut se passer de l’indicateur environnement, des industriels dénoncent les formules de prix. Il y a un malaise, qu’il faut comprendre et résoudre », conclut le trésorier.

 

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