En 2020, au plus haut de la crise sanitaire, la filière bovine nord-américaine a multiplié des fermetures d’abattoirs, non sans effet sur les disponibilités en viande. L’année 2021 a signé une reprise de la production dans les trois pays d’Amérique du Nord. « Cette hausse des abattages a été alimentée par une accélération de la décapitalisation des cheptels étatsuniens et canadiens, qui ont souffert d’importantes sécheresses », analyse l’Institut de l’élevage (Idele) dans un dossier sur les marchés mondiaux paru en juin 2022.

Un rebond de la production

Aux États-Unis, 91,9 millions de bovins ont été recensés au 1er janvier 2022, soit une baisse de 2 % sur un an. Le recul du cheptel étasunien, pour la troisième année consécutive, s’est traduit par un rebond des abattages à leur niveau de 2019, à 34,2 millions de têtes (+3 % par rapport à 2020).

 

 

Au Canada, l’érosion des effectifs s’est poursuivie en 2021. « Alors que le nombre de vaches laitières s’est globalement maintenu à 979 000 têtes, la baisse s’est accélérée pour le troupeau allaitant, qui a perdu 31 000 vaches en un an sur un total de 3,5 millions de têtes (–1 %) », calcule l’Idele. Sur cette période, la production a bondi de 6 % comparativement à 2020, totalisant 3,72 millions de bovins abattus.

 

Au Mexique, le cheptel bovin grossit ses rangs, malgré la hausse des coûts de production et un climat très sec. « La croissance du cheptel, couplée à une amélioration continue de sa qualité génétique et de sa productivité, a permis une nouvelle hausse de la production de viande bovine de l’ordre de 2 %. »

Cap sur l’Asie

Dans les trois pays, le rebond des abattages a alimenté des exportations records, en réponse à un marché mondial en manque de viande. Outre ses échanges régionaux, qui ont été très dynamiques, le bloc nord-américain a surtout développé son commerce vers l’Asie. En 2021, « la hausse des envois vers la Chine, grâce aux facilités d’accès obtenues dans l’accord sino-américain en 2020, a fait croître les exportations totales de viande bovine depuis les États-Unis à 1,44 million de tonnes équivalent carcasse (tec) (+17 % par rapport à 2020) », informe l’Idele.

 

 

Au Canada, les exportations ont valorisé 39 % de la production nationale et atteignent un nouveau record à 570 000 tec (+17 % par rapport à 2020). Les envois vers la Chine et la Corée du Sud ont doublé. Au Mexique, bien que les États-Unis restent de loin le premier débouché avec 89 % des volumes expédiés en 2021, le pays accélère ses envois vers le Japon (+39 % en un an). À l’avenir, l’USDA planche sur une nouvelle progression de la production bovine au Mexique en 2022, permettant ainsi à la filière d’étendre son marché à l’exportation.