« Soit les clients des éleveurs, de l’abattage-découpe à la distribution, décident de payer le juste prix et la qualité particulière du mâle castré demandée par le marché, soit les arrêts d’élevage vont se multiplier ». C’est un ultimatum que lance la Fédération nationale porcine (FNP), dans une lettre ouverte à la filière porcine française et aux pouvoirs publics, publiée ce mardi 19 juillet 2022.

 

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« Chaque abattoir définit ses conditions d’achat »

Et pour cause : alors que les dix groupements de l’AOP Porc Grand Ouest a annoncé verser 7 centimes d’euro supplémentaires par kilo pour les porcs castrés à partir du 18 juillet, Culture Viande, le syndicat du secteur de l’abattage découpe, ne l’a pas entendu de cette oreille.

 

« L’AOP Grand Ouest n’a ni vocation à fixer les prix, ni les évolutions tarifaires du porc », tance-il, dans une note adressée à ses adhérents. Et d’ajouter qu’« il appartient à chaque abattoir de définir librement sa politique et les conditions d’achats de ses porcs ».

 

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« C’est le vendeur qui fait une proposition »

D’après la FNP, il y a quelques jours, le « leader de l’abattage » a « catégoriquement refusé » les 7 centimes proposés par l’AOP Porc Grand ouest. D’après l’association spécialisée de la FNSEA, cet opérateur a mis en cause « « un abus de position dominante » alors que lui-même, souvent unique acheteur régional, impose ses prix à ses fournisseurs. »

 

Le syndicalisme majoritaire estime que « dans un marché ce n’est pas le client qui fixe le prix et Egalim amorce un vrai changement de modèle, y compris dans le marché du porc ». Il souligne que « c’est donc le vendeur qui fait une proposition, à partir d’indicateurs, à laquelle l’acheteur doit répondre. »

 

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