« Presque une goutte d’eau dans l’océan » : les contingents accordés à la Nouvelle-Zélande sur les produits dits sensibles « ne vont pas déstabiliser le marché [du vieux continent] », assurait-on de source européenne ce 11 juillet 2022 lors d’une conférence de presse. De quels produits sensibles est-il question ? De viandes ovine et bovine ainsi que des produits laitiers.

 

Avant même la signature de cet accord de libre-échange le 30 juin 2022, plusieurs voix du monde agricole s’étaient élevées. Elles s’inquiétaient d’une possible concurrence déloyale des productions néo-zélandaises vis-à-vis de celles de la France et de l’Union européenne.

Des contingents limités

Pour la viande bovine, le contingent accordé s’élève à 10 000 tonnes-équivalent carcasse taxées à 7,5 %, soit 0,15 % de la consommation européenne. Seule la viande de haut de gamme avec pâturage exclusif est concernée, rendant les coûts de production moins compétitifs. Sur ce segment, le contingent représente en réalité 0,6 % de la consommation, affirme-t-on de source européenne.

 

Pour la viande ovine, le contingent augmente de 38 000 tonnes à 0 % de droits de douane, soit 6 % de la consommation européenne. Mais il s’agit là d’une hausse « symbolique, puisque le contingent de 126 000 tonnes, dont le pays disposait déjà avant l’accord, n’a jamais été pleinement exploité, assure-t-on de source européenne.

 

« Le plus qu’ils ont exporté récemment, c’était 50 000 tonnes. […] Leur production d’ovins est en diminution, et les marchés plus proches comme la Chine absorbent tout. » Le contingent est partagé entre un tiers de viande fraîche et deux de viande congelée.

 

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Pour les produits laitiers, l’accord prévoit 15 000 tonnes de poudre, 15 000 tonnes de beurre et 25 000 tonnes de fromages supplémentaires par rapport au contingent actuel. Ces volumes représentent 1,3 % de la consommation européenne de poudre et 0,7 % de celle de beurre.

Respect des conditions de production européennes

L’accord comprend des exigences sur les conditions d’élevage, explique-t-on de source européenne. Les normes européennes de bien-être animal avec l’abattage et le transport, et les règles sanitaires avec l’utilisation d’antibiotiques ont été citées. Des audits seront réalisés par l’Europe sur le territoire néo-zélandais, en plus de contrôles aux frontières.

 

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Dans le secteur agricole, cet accord profitera en contrepartie aux exportations européennes de viande porcine, aux produits sous indications géographiques (vins et spiritueux et fromages notamment), et aux produits transformés, estime-t-on de source européenne. Mais la Nouvelle-Zélande ne compte qu’environ cinq millions d’habitants.