Quatre jours après l’attaque d’une génisse par un loup, les éleveurs se mobilisaient devant la préfecture à Annecy ce jeudi 7 juillet 2022, pour demander d’urgence « un changement de braquet ». Une semaine plus tôt, une chèvre avait été attaquée à quelques dizaines de mètres d’une terrasse de café, à l’alpage de Novel (Haute-Savoie), vers 15h00.

 

« Les attaques continuent sur les ovins et chèvres, touchent de plus en plus de bovins, et se déroulent maintenant en plein jour, résume amèrement Emmanuel Tochon, président du syndicat ovin de la Haute-Savoie. Tout est fait pour que la population de loups augmente : leur nombre est sous-évalué et le quota de prélèvement n’est même pas réalisé. » Retenu sur son exploitation, il n’avait pu se joindre à la délégation emmenée par Bernard Mogenet, président de la FDSEA des Savoies, avec JA, la chambre d’agriculture et des maires de communes rurales.

Tirs de défense à expérimenter

Reçus à la préfecture, les professionnels n’ont — comme ils s’en doutaient — pas obtenu de réponse sur le champ. Mais ils ont répété leurs attentes. « Sur les territoires où la présence du loup est avérée, il faut pouvoir mettre en œuvre rapidement des tirs de défense efficaces, martèle Bernard Mogenet. En bovins, aujourd’hui, il faut d’abord avoir subi une attaque reconnue comme “loup non exclu”. Or, cette reconnaissance n’est pas toujours accordée dans le cas d’un dérochement sans traces de morsures, même si on apporte des preuves photographiques de présence du loup ! Il faut une expertise spéciale, et en attendant il n’y a pas de tirs de défense autorisés. »

 

Le groupe national loup a vu une minuscule avancée. « On nous a proposé une expérimentation de tirs de défense simples, mais limitée à trois ou quatre départements alpins, sur des communes identifiées comme vulnérables par les DDT, reprend le syndicaliste. Sauf qu’à ce jour, notre direction des territoires a identifié 26 communes, mais rien n’a été validé. »