La reprise de la production sera « très fortement handicapée par le manque cruel de canetons », alerte le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), dans un communiqué publié ce mardi 5 juillet 2022.

 

L’interprofession explique cette situation par « l’impact inédit » de l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) sur le maillon de l’accouvage, « en particulier dans les Pays de la Loire, région qui représente 100 % de la génétique mondiale et plus de 70 % du potentiel français de reproduction pour le canard mulard. »

 

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90 % des reproducteurs « décimés »

Pas moins de 90 % des reproducteurs sont ainsi « décimés », estime le Cifog, de quoi créer des effets en cascade sur toute la filère. « Les zones indemnes, comme l’Alsace, ne sont pas livrées en canetons à la hauteur de leurs commandes alors que, pour l’instant, elles ne bénéficient d’aucune indemnisation », souligne l’interprofession.

 

Alors que les élevages situés dans les Pays de la Loire et le Quercy Périgord pourront rouvrir en août, ils ne « disposeront pas de canetons en quantité suffisante ». Les premiers éleveurs touchés, situés dans les départements du Sud-Ouest (1), ont de leur côté pu remettre en place un premier lot de canetons. Mais « ils subiront des vides sanitaires bien au-delà des 4 semaines habituelles avant de pouvoir disposer de nouveaux canetons pour le second lot avant les fêtes », rapporte le Cifog.

 

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Retour à la normale envisagé en 2023

L’interprofession demande donc aux pouvoirs publics de « prendre en compte l’allongement de la période de vide sanitaire imposé par la pénurie de canetons dans le calcul des indemnisations des éleveurs ». Elle estime aussi un accompagnement des producteurs en zone indemne d’IAHP, « leur activité dépendant totalement des zones réglementées. »

 

Car cette situation devrait durer de longs mois. « Les professionnels estiment que les couvoirs ne pourront fournir que 50 % des animaux nécessaires au redémarrage de la filière, rapporte le Cifog. Ils ne s’attendent pas à un retour à la normale avant le second semestre de 2023. »

 

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(1) Départements des Landes, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques.