Une vingtaine d’éleveurs étaient rassemblés ce matin devant le magasin Leclerc du Kremlin-Bicêtre, à quelques kilomètres de Paris. Parmi eux, des producteurs de l’Eure, de l’Oise et des représentants nationaux.

 

« L’enseigne Leclerc s’est engagée volontairement dans la démarche le 13 septembre 2016 et s’est servi de cette signature pour communiquer auprès de ses clients, expose Bruno Dufayet, le président de la FNB. Aujourd’hui, à l’exception de quelques magasins isolés, que nous tenons à féliciter, le distributeur est à la traîne dans le déploiement de la démarche « Éleveur et engagé ». D’autres enseignes, comme Carrefour, Système U, Auchan et Lidl jouent le jeu et sont dans une logique positive. Elles n’ont pas encore atteint l’objectif des 50 % de viande étiquetée « Éleveur et engagé », mais le dialogue est bien réel et les relations commerciales se développent. Nous encourageons donc les consommateurs que nous croisons à délaisser Leclerc et à faire leurs achats de produits carnés ailleurs. »

 

Au rayon du libre-service du centre Leclerc du Kremlin-Bicêtre ce matin, des barquettes de viande bovine française étiquetées « Les races de nos régions ». « C’est une démarche qui va dans le bon sens, mais elle ne garantit pas une juste rémunération de l’éleveur, à l’inverse d’“Éleveur et engagé” », explique Bruno Dufayet.

Soutien des consommateurs

« Les consommateurs doivent savoir que les engagements pris par l’enseigne Leclerc n’ont pas été mis en œuvre, c’est le sens de cette action syndicale », peut-on lire dans un communiqué de presse de la FNB, daté du 15 mai. Des consommateurs qui paraissent plutôt réceptifs au discours des éleveurs, comme en témoignent les « bon courage » qui clôturent la plupart de leurs échanges avec les producteurs.

 

« Des études ont prouvé que les Français sont prêts à acheter de la viande française, à condition d’être sûrs que les éleveurs soient correctement rémunérés, rappelle Bruno Dufayet. “Éleveur et engagé” répond donc à l’attente des consommateurs qui souhaitent faire un acte citoyen. »

La bataille n’est pas terminée

« Nous avons fait le choix de multiplier les lieux de manifestations plutôt que d’organiser un grand rassemblement, expose Bruno Dufayet. Tant que nous n’obtiendrons pas de signaux forts, d’autres mouvements de protestation seront planifiés. Nous avons attendu la fin des présidentielles pour nous donner un maximum de visibilité médiatique. Le mouvement débute devant des magasins Leclerc car c’est l’enseigne numéro un en France, mais nous ciblerons également des Intermarché si cette enseigne ne rattrape pas non plus son retard. »