« Des gains significatifs sont prévus pour les secteurs du lait et de la viande porcine de l’UE (Union européenne) » et « des vulnérabilités pour la viande de bœuf et le riz, tant sur le plan des effets commerciaux que d’une baisse des prix à la production. » Telles sont les conclusions de l’étude que la Commission a présentée ce mardi aux ministres européens de l’Agriculture et qu’elle détaille dans son communiqué de presse.

La Commission justifie sa stratégie

Cette étude sert surtout à la Commission à justifier sa stratégie de négociation. Elle « fait certes ressortir des points sensibles ; toutefois, elle se concentre sur une partie seulement du secteur agricole et n’évalue pas un certain nombre de produits agroalimentaires dont le potentiel de croissance à l’exportation est important », commente Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission. Bruxelles argumente notamment sur le potentiel que les exportations représentent pour l’emploi en Europe.

 

Face aux inquiétudes de certains États membres et filières, Phil Hogan, le commissaire à l’Agriculture, estime que cette étude apporte une réponse, « et montre, à partir des hypothèses formulées, que les effets des accords commerciaux sur l’agriculture et le secteur agroalimentaire européen sont dans l’ensemble positifs. Il importe de noter que les conclusions de l’étude sur les effets cumulés n’anticipent pas la conclusion positive de ces 12 accords commerciaux. »

Des impasses

Cette étude couvre des produits qui représentent en valeur 30 % des exportations de l’UE dans ce secteur. Elle porte sur les effets de la libéralisation des droits de douane, mais ne tient pas compte d’autres dispositions comme « la réduction des mesures non tarifaires, notamment les mesures sanitaires et phytosanitaires ». De même, elle ne se penche pas sur l’impact des contingents tarifaires que propose l’UE. Ce qui n’empêche pas la Commission d’assurer dans le cas de la viande bovine, que ces contingents ne représentent qu’une faible part de la consommation européenne.

 

La Commission prévient que cette « étude en elle-même n’est ni une estimation ni une prévision mais un exercice très théorique qui rend compte des résultats possibles d’une conclusion réussie des accords visés ». Mais qu’elle « fournit de précieuses informations sur les effets potentiels de futurs accords commerciaux et valide l’approche actuelle de l’Union, qui consiste à protéger systématiquement les secteurs sensibles ».