« Nous avons mis au point un nouveau dispositif qui va permettre à de très nombreuses exploitations laitières de renégocier les taux de leurs prêts bancaires », a détaillé André Bonnard, le secrétaire général de la FNPL, à l’occasion du meeting de la FNSEA-JA qui se déroule à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher) le 1er septembre 2016.

Renégocier les taux

« La filière disposait d’un fonds géré par une société chargée du cautionnement bancaire, la Sogal-Socamuel (1), a-t-il détaillé à La France Agricole. Cette société vient de signer un partenariat avec la Siagi (2), dont l’objectif est de faciliter et conforter le financement des exploitations laitières en apportant aux banques, via la mise en place de garanties (cautions), la prise en charge d’une quote-part du risque de non-remboursement des prêts qu’elles leur accordent. »

 

En clair, « alors que n’importe quel quidam français ayant contracté un prêt immobilier peut aujourd’hui le renégocier, n’importe quel paysan qui a un prêt, lui, ne le peut pas. » Pourquoi ? Les banques disent : « Vous avez un risque d’insolvabilité, donc c’est normal qu’on vous facture un taux plus cher. »

 

Avec ce dispositif, « les producteurs laitiers endettés, qui disposent en général des prêts à des taux de 4,5 à 5 %, disposeront d’une garantie nouvelle pour renégocier leur taux. On leur apporte ainsi une caution. » La FNPL espère aussi « aller chercher » de nouvelles banques, « celles qui n’ont pas l’habitude d’œuvrer en agriculture. Les banques européennes se montrent déjà favorables, pas les françaises. »

Deux fois plus de cessations d’activité

Le FNPL enregistre cette année un doublement des cessations d’activité. « Habituellement, nous avons une diminution naturelle des producteurs de 5 %. Cette année, nous serons à 10 %. C’est énorme. Mais nous voyons le bout du tunnel. »

 

Les plus fragilisés, selon André Bonnard, sont les plus grosses exploitations, « les exploitants qui investissent le plus. C’est difficile psychologiquement quand dans un canton, celui auquel on croyait le plus, est celui qui tombe. Et là, c’est le cas. »

 

La branche laitière de la FNSEA est néanmoins apparue la plus enthousiaste à la tribune du meeting. « D’abord, cela fait deux ans qu’on est dans la crise, donc par rapport aux autres, c’est vrai qu’on a eu le temps d’y réfléchir. Ensuite, ce qui s’est passé avec Lactalis… C’est la première fois qu’on le voit reculer. C’était juste improbable d’y arriver. Nous l’avons fait. Et surtout, le marché commence à remonter. »

(1) Société de garantie des entreprises laitières agricoles et alimentaires.

(2) Société interprofessionnelle artisanale de garantie d’investissements.