« Je ne l’ai jamais vu, je n’ai pas son portable », a déclaré Stéphane Le Foll sur France Info au sujet d’Emmanuel Besnier, alors que Yohann Barbe, administrateur de JA a souhaité que le ministre « s’implique un peu plus » dans la crise actuelle, estimant qu’il devait « appeler Lactalis tous les jours ». « Il n’empêche que nous avons bien sûr des contacts avec cette entreprise et nous avons poussé à ce qu’elle reprenne les négociations », a ajouté le ministre.

Un PDG aux abonnés absents

« Monsieur Besnier est un PDG (président-directeur général) d’une entreprise dont je n’ai pas le numéro de téléphone direct. Il y en a beaucoup d’autres avec lesquels j’ai des relations, même Monsieur Bigard, que j’ai rencontré, mais Monsieur Besnier jamais ni m’a demandé un rendez-vous, ni m’a demandé un contact, ni a souhaité me rencontrer. »

 

Après l’échec de deux sessions de négociations sur le prix du lait entre Lactalis et les principaux syndicats agricoles, Stéphane Le Foll a rappelé que dans ce dossier, qui concerne « des relations commerciales directes », il n’avait « pas directement de moyen de pression sur Lactalis. Je suis encore disponible pour faciliter et pousser au dialogue, mais je n’ai pas de moyen de pression direct. »

« Il doit y avoir un effort de la part de Lactalis »

Deux jours plus tôt, le 27 août 2016, lors d’un comice agricole à dans la Sarthe, le ministre avait réaffirmé que « Lactalis est [...] une laiterie qui, en France, paye le litre de lait le plus bas de toutes les laiteries françaises. Ça, je l’ai dit et je le répète, je considère que ce n’est pas acceptable et qu’il doit y avoir de la part de Lactalis l’effort qui consiste à se mettre au niveau de tous les autres. »

 

« Ce qui a été dit sur le fait que les prix ailleurs en Europe sont plus bas, c’est vrai, mais en France on valorise le lait d’une manière différente, a argumenté le ministre. On transforme [en] des produits qui ont plus de valeur ajoutée. Donc le prix payé au producteur peut être supérieur. »

« Ce n’est pas la fin du modèle laitier français »

À propos du désespoir des éleveurs et des mesures qui pourraient être mises en œuvre pour les accompagner vers une sortie de la production laitière, Stéphane Le Foll a répondu qu’il n’était « pas question de rentrer dans un grand système de restructuration de la production ».

 

« Ce n’est la fin ni du modèle agricole français ni du modèle laitier français, il y a des moyens de s’adapter, a insisté le ministre. Les cas qui nécessitent de venir en appui doivent [...] rester des décisions extrêmement limitées aux cas les plus difficiles, avec la volonté d’installer des jeunes, de trouver des solutions de reprise. »